Oublié le "rien de tel qu'une femme pour faire le ménage", Valérie Pécresse veut aujourd'hui porter "une parole radicalement féministe"

Publié à 10h11, le 17 décembre 2017 , Modifié à 10h14, le 17 décembre 2017

Oublié le "rien de tel qu'une femme pour faire le ménage", Valérie Pécresse veut aujourd'hui porter "une parole radicalement féministe"
Valérie Pécresse © AFP

Valérie Pécresse sort les couteaux. Si, au contraire de Xavier Bertrand, elle a décidé de rester au sein de Les Républicains, la présidente de la région Île-de-France entend porter haut la voix de l'opposition interne à Laurent Wauquiez. Cela se joue au niveau économique. "Je suis un peu inquiète du discours économique du vice-président de LR Guillaume Peltier, dont les intonations se rapprochent de celui de Jean-Luc Mélenchon", lâche-t-elle ce dimanche 17 décembre dans le JDD. Mais cela se joue aussi du point de vue sociétal.

Sur ce terrain, les sujets de tension peuvent être nombreux entre une droite ancrée sur ses principes et une autre plus libérale. "La droite doit accepter qu'on ne reviendra pas sur la loi Taubira", assure ainsi Valérie Pécresse avant de parler de PMA :

 

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Concernant la PMA pour toutes les femmes, elle soulève de vrais problèmes éthiques qui ne peuvent pas être balayés d'un revers de la main, mais doivent être débattus de manière sereine. Quand j'entends dire que les enfants de la PMA ne devraient pas exister, cette phrase me glace.

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Une référence aux mots d'Aurane Reihanian, chef des jeunes avec Wauquiez qui auprès de Libération le 12 décembre a déclaré que les enfants nés de PMA "ne devraient même pas exister". Contacté par le Lab, ce dernier a assuré qu'il voulait en fait parler des enfants nés de GPA. Mais auprès du Lab, Maïté Darnault, la journaliste de Libération qui a rédigé le portrait d'Aurane Reihanian, a maintenu que c'était bien des enfants nés de PMA dont parlait le chef de jeunes avec Wauquiez.

Cela fait une première grosse différence entre Valérie Pécresse et Laurent Wauquiez. La présidente de région Île-de-France en ajoute une autre auprès du JDD :

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J'ai une autre différence : j'ai décidé de porter une parole radicalement féministe en politique. Le mouvement #balancetonporc est révélateur d'une réalité : l'émancipation des femmes régresse. D'ailleurs, nous lancerons en mars une grande campagne contre le harcèlement des femmes dans les transports en commun.

 

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Un discours qui s'inscrit dans le prolongement d'une volonté affiché par Valérie Pécresse depuis plus d'un an. En mars 2016, dans un entretien accordé au Monde, elle avait raconté son entrée en prépa à Versailles, quelques années plus tôt. "Je découvrais mon nouvel univers. Un monde d’hommes. Celui aussi de l’ENA et de la politique. Cela m’a rendue viscéralement féministe", rapportait l'élue LR.

Valérie Pécresse n'a pourtant pas toujours rendu service à la cause féministe. On se souvient par exemple de cette déclaration sur un gyropode, essayé lors du forum Futur en Seine, en juin 2016. "Ça a l'air complexe. Si ce n'est pas fait pour les femmes… Vous excluez la moitié de la population, vous savez, si c'est trop compliqué", avait-elle estimé.



En 2013, dans le Journal des femmes, elle regrettait la possibilité pour les pères de prendre un congé parental de six mois. "Pensez-vous que le plus grand nombre sont les pères qui ont envie de changer des couches ?" s'était-elle interrogée.

Et personne n'a oublié cette fabuleuse sortie, durant la campagne des régionales, en 2015. Alors qu'elle nettoyait un ancien camp de Roms à Aulnay-sous-Bois, la tête de liste en Île-de-France avait, l'œil bien plongé dans la caméra, prononcé cette phrase rentrée depuis dans la postérité :

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Moi je veux une région propre. Rien de tel qu'une femme pour faire le ménage.

 

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