Pas élu président de la commission des Lois, Alain Tourret (LREM) refuse d'y siéger

Publié à 11h11, le 08 juillet 2017 , Modifié à 12h00, le 08 juillet 2017

Pas élu président de la commission des Lois, Alain Tourret (LREM) refuse d'y siéger
Alain Tourret à l'Assemblée nationale © AFP
Image Etienne Baldit


ON EN A GROS - Alain Tourret a certes survécu à la vague "dégagiste", mais il en fait tout de même les frais. Député PRG du Calvados de 1997 à 2002 puis de 2012 à 2017, il vient d'être réélu sous l'étiquette de La République en marche pour un troisième mandat. Et si l'élu radical de gauche a pu bénéficier de l'investiture, ses 69 ans et son CV ne font pas franchement de lui la personnification du "renouvellement" tant vanté par LREM. Ce qu'il a constaté à ses dépens dès le début de la législature.

Alain Tourret et quelques autres députés chevronnés, venus d'autres partis et désormais LREM, commencent à émettre publiquement des critiques à l'encontre de leurs nombreux jeunes collègues marcheurs, novices de la vie parlementaire. Dans Le Figaro samedi 8 juillet, l'ancien du PRG dit ainsi : "Ce n'est pas facile, on fait face à 280 députés qui découvrent tout, mais veulent déjà exercer leur pouvoir. Dans les réunions, il n'y a pas de parole libre."

Mais cette amertume n'est peut-être pas étrangère à une récente mésaventure personnelle : Le Figaro précise en effet qu'Alain Tourret refuse "pour l'instant" de siéger en commission des Lois après que la présidence de celle-ci, qu'il convoitait, a été accordée à Yaël Braun-Pivet, sa jeune (47 ans) collègue néo-députée. Lui-même le raconte d'ailleurs sans détour :

J'avais demandé la présidence de la commission des Lois, j'ai été blackboulé dans toute sa splendeur [sic] ! Il va me falloir un peu de temps. Il y a un sentiment de mal vivre dès le départ qui complique les choses.

Même "frustration" et commentaires grinçants pour un autre député ex-PRG depuis 2012 et désormais LREM, Jacques Krabal, qui a vu une vice-présidence de l'Assemblée nationale lui passer sous le nez au profit du jeune Sacha Houlié. Le député de l'Aisne peste d'être "parfois toisé" par ses collègues, comme le rapporte Le Figaro, et ajoute : "Il faut que tout le monde fasse des efforts. Ce n'est pas parce que certains ont fait quinze ans d'études qu'ils sont meilleurs. Pour l'instant, c'est 'tout nouveau, tout beau', mais l'image est parfois moins belle que prévu."

De son côté, l'ancienne socialiste devenue députée macroniste Françoise Dumas évoque ces "gamins de 25 ans qui arrivent en voulant changer toutes les pratiques, un peu par naïveté" et sans respecter "certains codes" de la "loi naturelle de la politique". Après avoir échoué à créer un groupe parlementaire "constructif" de centre-gauche, François-Michel Lambert (ex-EELV puis rattaché au groupe PS et désormais LREM) flingue lui aussi :



Chacun se cherche. Pour l'instant, la discipline de groupe s'exerce un peu à la façon d'une tortue romaine, on nous demande de faire bloc, mais ça ne peut pas durer longtemps.

L'ambiance est donc peu à peu en train de monter au sein du groupe LREM... Bientôt un début de "fronde" ? 





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