Pascal Cherki quitte le Parti socialiste pour rejoindre le mouvement de Benoît Hamon (et n’a averti personne au PS)

Publié à 12h02, le 10 octobre 2017 , Modifié à 12h02, le 10 octobre 2017

Pascal Cherki quitte le Parti socialiste pour rejoindre le mouvement de Benoît Hamon (et n’a averti personne au PS)
© AFP
Image Amandine Réaux


Benoît Hamon "est parti tout seul, sans ses copains", se moquait récemment Jean-Christophe Cambadélis. Voilà au moins un copain qui vient l’accompagner. Ce mardi 10 octobre, Pascal Cherki, ex-porte-parole de Benoît Hamon, annonce sur les réseaux sociaux son départ "sans amertume" du Parti socialiste "après 35 ans de militantisme" pour rejoindre le mouvement M1717 de Benoît Hamon :

Pour être honnête, au Lab, on a été un peu surpris de cette annonce. Non pas parce que Pascal Cherki était merveilleusement en phase avec les positions du PS, mais parce qu’on pensait que l’ex-député frondeur était déjà parti depuis longtemps. Alors, pourquoi avoir attendu trois mois ?

"C’est l’aboutissement d’une réflexion", nous éclaire Pascal Cherki. Il se souvient, un poil nostalgique : "J’y ai adhéré à 16 ans, en 1982 pour soutenir Mitterrand, j’étais un jeune minot." Dézingant un PS "soumis à l’agenda libéral", le conseiller de Paris se montre très pessimiste quant à l’avenir de son désormais ex-parti : "Je ne crois pas que le PS puisse se redresser, à très court terme". Il poursuit :



Il y a une incapacité à ouvrir un processus de bilan du quinquennat. On a mis la poussière sous le tapis. Ça ne changera pas. Et je ne veux pas y consacrer mon énergie politique.

Pascal Cherki est convaincu que les thèmes introduits par Benoît Hamon dans la campagne présidentielle, comme "le partage des richesses, le rapport au travail et la démocratie", représentent la "gauche de demain". Il dit vouloir participer à l’élaboration d’un "programme et d’une réorientation pour l’avenir", ajoutant que la "question du rassemblement de la gauche reste posée", avec le PS, les écologistes et le France insoumise. Car - attention punchline :



Je ne suis pas gardien de musée, moi, madame.

Pascal Cherki précise qu’il s’agit d’une "initiative personnelle" et non collective, lançant au passage une dernière pique au PS :



Mon objectif n’est pas d’affaiblir le PS. Il y arrive très bien sans moi.

D’ailleurs, l’ancien député n’a même pas prévenu les instances nationales de son départ. Il reconnaît :



Non, je ne leur ai pas dit, je vais pas faire une lettre formelle. Enfin je pense qu’ils s’en doutaient…

Oui, probablement.  

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