Pour le député LREM Alain Tourret, "il ne faut pas être tatillon, facture par facture", avec l'argent des élus

Publié à 18h02, le 19 juillet 2017 , Modifié à 18h09, le 19 juillet 2017

Pour le député LREM Alain Tourret, "il ne faut pas être tatillon, facture par facture", avec l'argent des élus
Alain Tourret © AFP
Image Sylvain Chazot


Les députés ont une imagination débordante, surtout lorsqu'il s'agit de s'opposer à la suppression de la réserve parlementaire et à l'obligation, pour les parlementaires, d'établir des notes de frais pour contrôler leurs dépenses.

Alain Tourret fait partie de ceux qui s'élèvent contre cette obligation de transparence. Mardi 18 juillet, le député La République en marche du Calvados a craint de devoir aller au McDonald si l'on oblige les parlementaires à faire des notes de frais. Interrogé par le JDD ce mercredi, l'élu en remet une couche :

Il me semble important de rappeler les grands principes, ce que Manuel Valls et moi avons fait devant la commission. Le premier principe est la séparation des pouvoirs. Le deuxième principe est l'indépendance des députés. Le troisième principe est le problème de probité. Quand on doit répondre à ces trois questions, comme l'a indiqué Manuel Valls, il ne faut pas être tatillon, facture par facture.

Oui, "il ne faut pas être tatillon", sinon après les députés vont être obligés d'aller au McDo… Alain Tourret prend d'ailleurs un exemple culinaire pour s'expliquer. Et attention, le cheminement du député du Calvados est un tantinet compliqué. Il poursuit :

Si l'on invite un journaliste à déjeuner, s'il y a la possibilité du contrôle, on fait en sorte que ce soit le journaliste qui invite le député à déjeuner, et alors on renforce le pouvoir des lobbies.

Pour ceux qui ne verraient pas le rapport, dites-vous que vous n'êtes pas seuls. Le lien entre journaliste et lobbies n'est pas très net. À moins de considérer que la presse est un lobby. D'autre part, Alain Tourret oublie de rappeler que, d'une manière générale, lorsqu'un journaliste et un élu déjeunent ensemble, la coutume veut que ce soit le reporter qui régale (pas d'inquiétude, il se fera normalement rembourser grâce à ce système satanique des notes de frais).

Ce sujet tient à cœur à l'élu. Mardi, en commission, il a rappelé que des "hackers" avaient rendu publics ses dépenses personnelles. Fin mai, Mediapart, sur la base des Macron Leaks, révélait qu'Alain Tourret avait utilisé son indemnité parlementaire à des fins personnelles : une télévision de près de 5.000 euros, des parties de golf, des vacances au Sénégal, etc. le tout payé avec l'indemnité parlementaire… On comprend que l'élu demande à ce qu'on ne soit pas trop "tatillon".

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