Une course contre la montre. Voilà le pari que va engager, ce dimanche 11 mars, Nicolas Sarkozy, lors d'un meeting qui se veut "géant", à Villepinte, en région parisienne, alors qu'il est toujours largement distancé par son adversaire socialiste dans les sondages.

Programme officiel : la présentation d’une "vision de la France", devant "au moins" 50.000 partisans.

Programme officieux : le meeting de la dernière chance.

Le Lab décrypte, en mode "work in progress", ce temps clef de la campagne.

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Et retrouvez également tous nos articles sur Villepinte :

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    Le discours, version intégrale

    Sur dailymotion.com

    Voici le verbatim intégral du discours de Nicolas Sarkozy, mis en ligne sur le site de l'UMP : 

    Le discours version intégrale en vidéo 

    Le discours en une image

    A venir !

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    Le résumé en deux minutes chrono

    En deux minutes, un lecteur moyen lit, environ, 750 à 800 mots. Voici donc notre résumé du discours de Villepinte en deux minutes chrono

    1. Un capitaine à la barre

    Ouverture de discours très classique : Nicolas Sarkozy se présente comme le capitaine, qui assure la conduite des affaires, en temps de crise. 

    La citation à retenir : 

    Pendant cinq ans, j'ai fait de mon mieux pour protéger les Français de toutes ces crises, pour que la France en sorte plus forte, j'y ai mis toutes mes forces. Je me suis engagé comme jamais je ne l'avais fait avant dans ma vie.Je veux être le président du peuple de France parce que c'est l'avenir du peuple français qui est en jeu, parce que c'est des profondeurs du pays que viendront le courage, l'intelligence, l'énergie dont la France a besoin.

    2. La politique étrangère : parler à tous ...

    Droit des femmes, soutien à Israël autant que plaidoyer pour la création d’un Etat palestinien, voire situation des chrétiens d'Orient : le deuxième temps du discours, c’est le passage en revue d’un certain nombre de dossiers chauds de la politique étrangère française. 

    La citation à retenir : 

    La France sera intransigeante pour défendre la sécurité d'Israël, ce miracle de la volonté et de la démocratie. La France exigera avec la même force un Etat pour le peuple palestinien parce que partout où la paix est en jeu, la France a un rôle à jouer. La France défendra partout le droit des femmes car l'égalité des sexes est un principe universel. La France défendra le droit des chrétiens d'Orient à vivre en paix.

    3. L’Union européenne : réformer Schengen, instaurer un Buy European Act

    C’est un passage qui a été abordé après plus de 30 minutes de discours, et qui a été l’occasion de formuler les premières – et seules – propositions de ce discours : l’Union Européenne, et, en l’occurrence, les manières de "la changer".

    Deux annonces : la volonté de réformer les accords de Schengen, qui encadrentla politique de libre circulation à l’intérieur des frontières de l’Union. Avec la menace, agitée, d’un retrait de la France de ce processus.

    La citation à retenir : 

    Il faut pouvoir sanctionner, suspendre ou exclure de Schengen un Etat défaillant comme on peut sanctionner un Etat de la zone euro qui ne remplirait pas ses obligationsSi l'Europe ne maîtrise pas les entrées sur son territoire, elle ne pourra plus accueillir dignement ceux qui arrivent, elle ne pourra plus répondre à la demande d'intégration de ceux qui ont tant de mal à trouver leur place dans la société, elle ne pourra plus financer sa protection socialeSi je devais constater que dans les douze mois qui viennent, il n'y avait aucun progrès sérieux dans cette direction, alors la France suspendrait sa participation aux accords de Schengen jusqu'à ce que les négociations aient abouti

    Deuxième annonce : la volonté de créer un "Buy european act"

    La citation à retenir : 

    La France exigera que désormais les PME européennes aient une part des marchés publics qui leur soit réservée.

    4. Les banlieues

    Après quelques annonces, Nicolas Sarkozy a pris le temps d’attaquer ses adversaires socialistes, en critiquant notamment l’action du PS sur les banlieues. 

    La citation à retenir : 

    Je n'ai aucune leçon à recevoir d'une gauche qui a laissé les banlieues dans un état lamentable à la fin des années 90.

    Et une promesse : 

    J'annoncerai dans les toutes prochaines semaines la deuxième étape de la rénovation de nos quartiers

    5. "L’envoi"

    "Aidez-moi" ! Le message avait déjà été lancé, le voilà martelé.

    La citation à retenir : 

    Aidez-moi, nous avons deux mois, deux mois pour bâtir la plus formidable aventure, deux mois pour bousculer les certitudes, deux mois pour tout renverser, deux mois pour faire triompher la vérité

    6. Et, enfin, quelques filiations

    Terminer un discours largement centré sur l’Union européenne, en se revendiquant des figures de Robert Schuman, et Jean Monnet, les pères fondateurs de l’Europe : l’ambition est attendue, classique.

    Elle est surtout peu clivante : gauche et droite se revendiquent en effet régulièrement de ces deux grandes figures.

    Elle sonne, à vrai dire, avant tout comme une justification, la recherche d’une légitimité.

    La citation à retenir : 

    La France de Jeanne d'Arc, la France de Victor Hugo, la France de de Gaulle, la France de Schuman, la France de (Jean) Monnet, la France des humanistes.

  3. 3

    Le name dropping de Sarkozy : les noms propres cités

    En 2007, à Versailles, Nicolas Sarkozy s'était placé sous le haut patronage d'une éminente figure de gauche : Jean Jaurès.

    Cinq ans plus tard, quelles figures tutélaires, et quels grands inspirateurs ? Le Lab relève les grandes figures revendiquées par Nicolas Sarkozy.

    14h09 : le premier nom propre cité, c'est celui du général de Gaulle, pour revendiquer un esprit de la Ve République, celle qui "refuse les clans". 

    14h10 : Vient ensuite ... François Fillon, premier ministre pendant les cinq années de présidence de Nicolas Sarkozy, qui a d'ailleurs eu l'occasion de "chauffer" la salle de Villepinte, dans un discours fleurant le Malraux, comme l'a relevé notre blogueur Guy Birenbaum.

    Vers 14h20 : André Malraux, d'ailleurs, se retrouve cité, lorsque le président-candidat dessine les contours de sa politique étrangère. "Souvent, depuis cinq ans, j'ai pensé à la phrase de Malraux : 'Il y a des pays comme la France qui sont grands lorsqu'ils le sont pour les autres'", a affirmé le chef de l'Etat. 

    (entrée ajoutée, 17h30)

    14h 28 : Malgré un passage sur l'Europe face à la crise, sur la réponse européenne apportée à la crise grecque, Grèce. Et, pourtant, pas de citation d'Angela Merkel. Le discours de Nicolas Sarkozy est très auto-centré : "Je", "je", "je" ! 

    14h58 : "J'ai entendu ce que tu as dis, Jean-Christophe ..." : Après une heure de discours, Nicolas Sarkozy s'adresse à Jean-Christophe Lagarde, député maire Nouveau Centre de  Drancy, pour évoquer la politique qu'il entend développer à l'endroit des banlieues.

    15h02 : "Cette France, c'est la France de Jeanne d'Arc, de Victor Hugo, de Schuman, de Monnet". Il a fallu attendre la toute fin du discours de Nicolas Sarkozy pour, enfin, entendre revendiquées quelques filiations idéologiques. 

    [Pépite LeLab, edit 16h35] : D'ailleurs, ces références à Hugo, Schuman, et Monnet n'étaient pas prévues dans la version initiale du discours, mise en circulation par l'UMP.

    C'est donc en direct que Nicolas Sarkozy s'est revendiqué de l'héritage des deux pères fondateurs de l'Europe. 

    Cliquez sur l'image pour la voir en grand format :

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    En l'occurence, et après un discours largement centrée sur l'Europe, Nicolas Sarkozy a choisi, au-delà des affilialiations déjà revendiquées à Jeanne d'Arc et Victor Hugo, de se revendiquer comme l'un des héritiers de Jean Monnet et Robert Schuman, pères fondateurs de l'Union européenne.

    >> A noter : Aimé Césaire, le poète et homme politique français martiniquais décédé en 2008, a également été cité lors de ce discours, en tant que "poète qui a le mieux défendu les Français d'Outre-mer".

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    Versailles, le 14 janvier 2007

    Sur Jean Veronis

    Le 14 janvier 2007, Nicolas Sarkozy prononçait un discours "fondateur" pour sa campagne 2007, dans lequel il se revendiquait notamment de l'héritage de Jean Jaurès. 

    Le discours intégral :

Du rab sur le Lab