Nicolas Sarkozy : "Je n'aurais pas dû parler d'identité nationale mais dire que je voulais défendre les valeurs de la République"

Publié à 12h53, le 09 avril 2015 , Modifié à 15h41, le 09 avril 2015

Nicolas Sarkozy : "Je n'aurais pas dû parler d'identité nationale mais dire que je voulais défendre les valeurs de la République"
Nicolas - Calmos - Sarkozy / MARTIN BUREAU / AFP

ERREURS (bis) - Nicolas Sarkozy aurait-il changé d'avis sur le débat de l'identité nationale ? En janvier dernier, il reconnaissait une "erreur" quant au choix du ministère concerné. Pour lui, c'est le ministère de la Culture et non celui de l'Immigration qui aurait dû s'occuper du débat "sur un sujet important". Désormais, il remet le terme même d'identité nationale en cause.

Trois mois plus tard, le mea-culpa est total sur le sujet, d'après un post de blog d'Alexandre Lemarié, journaliste au Monde. Selon ce dernier, une commission exécutive a été organisée le mardi 7 avril en présence de Brice Hortefeux, Luc Chatel, Frédéric Péchenard, Nathalie Kosciusko-Morizet, Laurent Wauquiez ou encore Gérald Darmanin. Le but ? Entériner le nouveau nom du parti : "Les Républicains". 

Pour justifier ce nouveau nom, Nicolas Sarkozy commence d'abord par évoquer la symbolique du mot en affirmant que le concept de République est "un peu sacré". Tellement sacré qu'il aurait dû l'utiliser plus lors de son passage à l'Élysée. D'ailleurs, c'est cette République que voulait défendre l'ancien président, notamment lorsqu'il évoquait l'identité nationale. Voici sa justification :

C'est un mot qui fédère largement. [...] Quand j'étais président de la République, je n'aurais pas dû parler d'identité nationale mais dire que je voulais défendre les valeurs de la République.

Julien Aubert, cofondateur de l’agence de publicité Aubert Storch Associés Partenaires (Asap), ne dit pas autre chose. Contacté par le Lab mercredi, le chef d’entreprise qui a déposé la marque "Les Républicains" à l’INPI (comme l'avait révélé La Croix en décembre) explique : "Les Républicains, ça exprime l’idée de collectif, la notion de famille, un rassemblement qui soit assez large pour réunir toutes les couleurs". Presque du Sarkozy dans le texte.

S’il dit ne pas pouvoir dévoiler le nom des commanditaires à l’origine de l’enregistrement de la marque, qu'il dit avoir effectué à titre bénévole, Olivier Aubert lâche une boutade qui se suffit à elle-même :

 

Avec ça, le FN doit être assez emmerdé. Valls aussi, lui qui n’a que le mot 'République' à la bouche ces derniers temps.

C'est donc un changement sémantique important de la part de Nicolas Sarkozy, loin du débat qu'il avait lui-même lancé en 2009 et qui avait été vu comme un marqueur de sa présidence. À l'époque, il avait jugé ce débat "nécessaire" en expliquant ceci :

A force d'abandon, nous avons fini par ne plus savoir très bien qui nous étions. A force de cultiver la haine de soi, nous avons fermé les portes de l'avenir. On ne bâtit rien sur la haine de soi, sur la haine des siens et sur la détestation de son propre pays. [...] Voilà pourquoi nous devons parler de notre identité nationale. Ce n'est pas dangereux, c'est nécessaire. Ce qui serait dangereux ce serait de ne pas en parler, de faire comme si tout allait bien en se disant à quoi bon ?

Récemment, sa position sur les menus uniques à la cantine avait divisé jusque dans son propre camp (comme ici, ici ou ici).

[Edit 15h41] - Ajout du commentaire d'Olivier Aubert sur le sens politique de la marque "Les Républicains".

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