Stéphane Ravier s’en prend au "général félon, le général de Gaulle"

Publié à 14h15, le 09 juillet 2016 , Modifié à 14h26, le 09 juillet 2016

Stéphane Ravier s’en prend au "général félon, le général de Gaulle"
© Montage via AFP

Ce samedi 9 juillet, Marion Maréchal-Le Pen a organisé dans la ville frontiste du Pontet (Vaucluse) les fêtes "Bleu-Blanc-Rouge", jadis une tradition de son grand-père, Jean-Marie Le Pen. La députée du Vaucluse souhaite d’ailleurs "instaurer, à long terme, cette tradition de fête populaire autour des neuf fédérations du Grand Sud", comme elle l’a confié au Figaro ce samedi. Au programme, sur une thématique médiévale : concerts, fanfares et discours de Marion Maréchal-Le Pen, Gilbert Collard, Bruno Gollnisch et Louis Aliot.

Le déroulement de la journée a été légèrement perturbé par l’arrivée surprise de Marine Le Pen, "embarquée par [son] Jules" [Louis Aliot, ndlr] alors qu’elle était en week-end à Perpignan, comme le rapporte Le Parisien. La présidente du FN souhaite jouer l’apaisement avec sa nièce, qui ne "joue pas assez collectif", comme elle l’a expliqué dans une interview à Valeurs actuelles jeudi 7 juillet.

Mais quelqu’un d’autre que Marion Maréchal-Le Pen s’est chargé d’alimenter les divisions au sein du parti. Il s’agit de Stéphane Ravier. Le sénateur-maire du 7e secteur de Marseille a ainsi salué les compatriotes pieds noirs et, comme le rapporte le journaliste de l’AFP Guillaume Daudin, s’en est pris au "général félon, le général de Gaulle".

Par cette formule, Stéphane Ravier signifie donc qu’il condamne l’indépendance de l’Algérie en 1962, sous la présidence de Charles de Gaulle, qu’il considère comme un traître.

Le rapport au général de Gaulle a certes toujours été compliqué au Front national, fondé en 1972 notamment par des partisans de l’Algérie française. Pierre Sergent, membre de l’OAS, a ainsi été député sous l’étiquette FN entre 1986 et 1988.

Mais les temps ont changé. Jean-Marie Le Pen a quitté la présidence du FN et Marine Le Pen a pris sa place en 2011. La patronne du Front national a elle-même introduit des références gaullistes dans ses propos. En 2012, alors candidate à la présidentielle, elle avait ainsi lancé : "Comme de Gaulle avait eu en son temps une vision stratégique pour le nucléaire, j’ai moi-même une vision stratégique pour la mer, cet or bleu que nous sous-exploitons actuellement." Marine Le Pen s’était aussi dit certaine que le général de Gaulle aurait pris la décision de sortir de l’euro : "Il n’y a plus le général de Gaulle… il n’y a plus que moi !"

Surtout, Marine Le Pen s’est entourée de Florian Philippot, ancien chevènementiste et qui se revendique gaulliste jusqu’au bout des ongles. "C'est un socialo-gaulliste", avait attaqué Jean-Marie Le Pen, après son éviction du Front national en août 2015.

Pas sûr que le numéro deux du Front national, qui reconnaît déjà "deux-trois points de divergence" avec Marion Maréchal-Le Pen, apprécie la formule de Stéphane Ravier.

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