Un député LREM veut créer un groupe parlementaire dissident (de gauche) au sein de la majorité

Publié à 08h00, le 09 janvier 2018 , Modifié à 07h52, le 10 janvier 2018

Un député LREM veut créer un groupe parlementaire dissident (de gauche) au sein de la majorité
Image Sébastien Tronche


Après quelques soubresauts et quelques malaises exprimés face à certaines mesures prises par le gouvernement, une vraie fronde serait-elle en train de naître au sein de la majorité macroniste à l’Assemblée nationale ? Car le député LREM Jean-Michel Clément, ex-PS, envisage sérieusement la création d’un groupe dissident au sein de la majorité pour exprimer une sensibilité de gauche jusqu’ici étouffée.

A Centre-Presse, ce mardi 9 janvier, l’élu de la Vienne, qui se réunit régulièrement avec des députés macronistes issus du PS ou plutôt de gauche, ne cache pas ses velléités de dissidence. "Il y a des positions très nuancées au sein de la majorité et nous voulons peser sur un certain nombre de projets", explique Jean-Michel Clément au média local. Avant d’ajouter, prenant le groupe MoDem en exemple – ce qui ne plaira pas aux cadres du groupe et du parti :

Ça finira inéluctablement par la création d'un groupe parlementaire. Regardez mes collègues du MoDem, ils ont une très belle vie de groupe... Alors oui, j'appelle de mes vœux la constitution d'un groupe et même de plusieurs groupes. On peut mieux débattre à trente ou à quarante qu'à trois cents.

En août, Jean-Michel Clément, qui briguait la présidence de la commission des lois, avait été stigmatisé pour son absentéisme à l’Assemblée nationale, lui qui avait critiqué la loi de moralisation de la vie publique avant d’en faire de même sur l’inscription de mesures de l’état d’urgence dans le droit commun. "Il n'y a pas beaucoup d'intérêt à siéger dans cette majorité pléthorique, où on nous impose un devoir de silence", pestait-il pour se justifier ajoutant que "passer son temps sur un banc à ne rien dire, ce n'est pas l'idée que je me fais de la vie parlementaire".

Ce risque de dissidence, Manuel Valls, qui a connu ses frondeurs lorsqu'il était à Matignon, l'a théorisé. "Le point d'équilibre de la majorité est au centre gauche alors que celui de l'exécutif est au centre droit. Le risque de désaccord vient de là...", expliquait l’ancien Premier ministre de François Hollande au JDD

Interrogé sur cette volonté de dissidence, Sacha Houlié, cofondateur des Jeunes avec Macron et député de la Vienne, estime lui que ce n’est pas "utile de recréer des chapelles", appelant à un "groupe dans le groupe" et non à un groupe parlementaire à part entière. "C'est justement le dépassement des clivages qui a fait le succès d'En Marche", ajoute-t-il en gardien du temple macroniste.

Mais malgré cette mise en garde, il semble bien que the fronde is coming. Qui plus est avec le texte à venir sur l’immigration.

[EDIT 21h]

Dans un communiqué de presse relayé par La Nouvelle République mardi après-midi, Jean-Michel Clément conteste les propos rapportés par Centre-Presse et dénonce "des raccourcis et des interprétations erronés". "Je rappelle, sans équivoque, que le sens de ces rencontres régulières est de faire progresser le travail parlementaire, au sein de la majorité parlementaire, en lien avec le gouvernement et selon le cap fixé par le Président la République", écrit-il également. 

De son côté, la rédaction de Centre-Presse maintient toutefois sa version. "Sans engager ses collègues qui se réunissent autour de Brigitte Bourguignon, le député de la Vienne a bien appelé de "ses vœux" la constitution d'un groupe en estimant que cela finirait "inéluctablement" comme cela", écrivent nos confrères.

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