VIDÉO - "C'est la rue" : l'anaphore de Mélenchon sur les conquêtes sociales, en réponse à Macron

Publié à 17h24, le 23 septembre 2017 , Modifié à 18h10, le 23 septembre 2017

VIDÉO - "C'est la rue" : l'anaphore de Mélenchon sur les conquêtes sociales, en réponse à Macron
Jean-Luc Mélenchon, place de la République à Paris, samedi 23 septembre 2017 © Montage le Lab via LCI
Image Etienne Baldit


"La démocratie, ce n’est pas la rue". Comme de nombreux autres gouvernants avant lui, c'est en ces termes qu'Emmanuel Macron s'est opposé aux manifestations contre sa réforme du code du travail, à l'appel d'organisations syndicales mais aussi (surtout ?) de la France insoumise. Mais "c'est la rue" qui obtient les avancées sociales, lui répond justement Jean-Luc Mélenchon samedi 23 septembre, à la tribune de la place de la République à Paris, à l'issue de la manif du jour.

En réponse directe au chef de l'État dans le duel que les deux hommes ont installé comme LA confrontation majeure de la vie politique actuelle, celui qui a fini 4e de la dernière présidentielle s'est lancé dans cette anaphore vantant les mérites de la révolte populaire à travers les âges :

On a appris que la démocratie, ça ne serait pas la rue... Monsieur le Président, il vous reste à apprendre l'histoire de France pour apprendre que c'est la rue qui a abattu les rois, c'est la rue qui a abattu les nazis [un bien beau raccourci, ndlr], c'est la rue qui a protégé la République contre les généraux félons en 1962

C'est la rue qui a obtenu la reconnaissance du droit de créer des sections syndicales, qui a obtenu la quatrième semaine de congés payés et 30% d'augmentation du Smig en 1968 ! C'est la rue qui a fait reculer la loi Devaquet sur la sélection à l'université, c'est la rue qui a abattu le plan Juppé. [...] C'est la rue en 2006 qui a obtenu le retrait du CPE, c'est la rue qui a obtenu le droit au logement opposable grâce à la mobilisation des associations, c'est la rue qui a obtenu le retrait du plan Darcos sur la réforme des lycées. [...] 

Et de résumer le sens de son propos :

C'est la rue, toujours, qui porte les aspirations du peuple français lorsqu'il ne peut le faire autrement !

Une tirade en forme de réaffirmation de la légitimité de la mobilisation, alors que les ordonnances, signées par Emmanuel Macron vendredi, ont été publiées au Journal officiel samedi et s'appliquent donc directement (sauf pour celles nécessitant des décrets d'application). Contestant tout caractère définitif à la chose, Jean-Luc Mélenchon veut au contraire accentuer la pression en arguant que les ordonnances "n'ont pas force de loi tant qu'elles sont pas repassées devant le Parlement" pour ratification. Et en promettant une nouvelle manifestation lorsque la date de cette ultime étape du processus sera connue. 

"On en a connu d’autres qui se disaient droits dans leurs bottes et à qui on a fini par les retirer", a d'ailleurs encore lancé Jean-Luc Mélenchon en référence au recul d'Alain Juppé en 1995.





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