VIDÉOS - Traité "d'islamo-gauchiste" par Bruno Bilde (FN), Alexis Corbière (LFI) le qualifie de "pagano-fasciste"

Publié à 15h28, le 28 septembre 2017 , Modifié à 15h32, le 28 septembre 2017

VIDÉOS - Traité "d'islamo-gauchiste" par Bruno Bilde (FN), Alexis Corbière (LFI) le qualifie de "pagano-fasciste"
Bruno Bilde et Alexis Corbière à l'Assemblée nationale, jeudi 28 septembre 2017 © Montage le Lab via Assemblée nationale
Image Etienne Baldit


INSTANT PARLEMENT - Si certains croyaient que le débat sur le projet de loi "renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme" allait se passer de manière sereine et apaisée, ils doivent être déçus. En cette première semaine d'examen du texte à l'Assemblée nationale, les moments de tension ont déjà été nombreux. Il y a des oppositions et des désaccords de fond qui peuvent produire un certain emportement chez les parlementaires. Et puis il y a les invectives plus idéologiques et les mises en causes personnelles.

La séance de jeudi 28 septembre a été riche en la matière. cela a commencé avec le député FN Bruno Bilde, qui défendait un amendement visant à "expulser les étrangers dont la présence menace la sécurité publique ou est susceptible de renforcer le risque de radicalisation islamiste et d'apologie du terrorisme". L'élu des Hauts-de-France, ex-conseiller spécial de Marine Le Pen et adjoint du maire FN d'Hénin-Beaumont Steeve Briois, fait valoir son idée - qui, malgré son caractère inapplicable, commence à avoir quelques heures de vol dans le débat français - à savoir notamment que "le juge doit pouvoir expulser un étranger au seul motif qu'il est fiché S ou plutôt 'fiché I' pour islamiste". Concluant son propos, il glisse un gros scud en direction de la France insoumise, gratifiant ses élus d'un désormais classique "islamo-gauchistes" :



Nous devons adapter notre arsenal législatif afin d'être à la hauteur de l'enjeu de la lutte contre le terrorisme et l'islamisme. Et de grâce, aucune leçon à recevoir de la part des islamo-gauchistes de la France si soumise.


Une attaque un peu gratuite puisque non-provoquée par une quelconque intervention venue des bancs LFI. Des termes d'ailleurs déjà évoqués dans le même hémicycle et au cours du même débat deux jours plus tôt, par Guillaume Larrivé (LR) cette fois. La réponse ne viendra cependant pas immédiatement et, pendant quelques minutes, on a pu croire l'incident clos.

Après avis défavorable du gouvernement et du rapporteur sur cet amendement, le député MoDem Frédéric Petit prend la parole pour rappeler qu'"être sur le fichier S, ce n'est pas encore être dangereux, ça veut dire être au début de la procédure qui va peut-être prouver que vous êtes dangereux". Puis c'est Manuel Valls, apparenté au groupe LREM, qui vante "un texte équilibré, efficace, qui correspond à la fois aux valeurs de la République et qui lutte contre le terrorisme". Bon.

Mais Alexis Corbière prend finalement la parole. Et si le député Insoumis de Seine-Saint-Denis ouvre son propos en évoquant les attaques du FN, c'est Manuel Valls qui essuie la première salve de sa part :

J'ai voulu réagir parce qu'il est de bon ton de nous cibler avec des mots qui sont assez insultants - je m'adresse notamment aux élus du Front national. Nous, islamo-gauchistes ? Mais quel mépris. C'est d'ailleurs assez peu honorable que certains aient utilisé cette qualification contre nous, y compris vous monsieur Valls. Vous voyez : vous parlez comme le Front national, c'est pas glorieux ! Oui oui, vous parlez comme le Front national quand il s'agit de nous taper dessus, monsieur Valls.

Il fallait manifestement que ce fût dit.

> À relire : Après la "démocrature", Alexis Corbière dégaine la "dictamolle" pour dénoncer la politique sécuritaire du gouvernement

Ce proche de Jean-Luc Mélenchon embraye sur le fond, s'opposant à la mesure proposée par le FN, en arguant : "Il faut qu'il y ait des éléments probants. Vous ne pouvez pas, au prix d'un trouble dans la population, expulser quelqu'un parce qu'il y a un fichier sur lequel son nom s'est retrouvé." Ce n'est que dans un dernier temps qu'il donne tout ce qu'il a contre Bruno Bilde, l'affublant du qualificatif de "pagano-fasciste" :

C'est vous qui voulez créer les conditions d'un affrontement dans le pays. Et nous qui sommes des laïcs et des républicains, bien loin de votre pagano-fascisme et toutes les sottises que vous avez racontées pendant des décennies. Oui monsieur Bilde, je vous connais idéologiquement, rassurez-vous je n'ai rien à voir avec vous ! Et me faire insulter par un homme comme vous est un honneur. Et je continuerai à me présenter toujours comme un républicain, écologique, social, France insoumise et insulté par Bruno Bilde, un homme qui a méprisé la France depuis des années !



À noter que mardi, après la tirade de Guillaume Larrivé, la députée LFI Danièle Obono n'était pas tout à fait allée aussi loin, disant : "Nous ne faisons pas l’insulte de dire que vous seriez des 'christiano-fascistes' ou je ne sais quelle appellation médiatico-idéologique de l’extrême-droite".

"Se faire traiter d'islamo-gauchiste par des gens qui ont toujours été du côté des ennemis de la République, ça commence à bien faire", conclut ce jeudi Alexis Corbière... avant que Manuel Valls ne reprenne la parole pour dénoncer à nouveau "les liens [de la France insoumise] avec Les Indigènes de la République et avec tous ceux qui aujourd'hui, dans les quartiers, représentent un vrai danger, parce que précisément, derrière cela, il y a l'islamisme radical et l'islam politique". Une saillie que Bruno Bilde et son collègue frontiste Sébastien Chenu n'ont d'ailleurs pas manqué d'applaudir :





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