Voiture de police incendiée : Cazeneuve s'en prend à ceux qui ont filmé "sans bouger, sans intervenir"

Publié à 12h14, le 19 mai 2016 , Modifié à 13h21, le 19 mai 2016

Voiture de police incendiée : Cazeneuve s'en prend à ceux qui ont filmé "sans bouger, sans intervenir"
Bernard Cazeneuve © AFP

Non assistance à flic en danger : c'est en substance ce dont Bernard Cazeneuve accuse les personnes qui, mercredi 18 mai à Paris, ne sont pas intervenues alors que des casseurs attaquaient violemment deux policiers dans leur véhicule, ce dernier ayant fini par être incendié.

Ce jeudi à l'Assemblée nationale, à l'occasion du débat parlementaire sur une nouvelle prorogation de l'état d'urgence pour deux mois, le ministre de l'Intérieur revient sur ces violences survenues en marge de la manifestation de policiers contre la "haine anti-flics" et la contre-manifestation dénonçant les "violences policières".

"Ce qui s'est produit à Paris hier - je veux parler de l'agression de deux policiers et l'incendie de leur véhicule - constitue des actes criminels d'une extrême gravité, fustige-t-il [...]. Ces actes appellent la plus grande sévérité. " Des "actes qu'il faut qualifier pour ce qu'ils sont : des actes de haine que j'ai trouvés d'une extrême barbarie", poursuit Bernard Cazeneuve. Qui enchaîne aussitôt :

Comme j'ai trouvé extrêmement choquant de voir des individus autour de ce véhicule procéder à la récupération des images par des caméras, sans bouger, sans intervenir... Comme si nous étions là dans un ordre normal des choses. Des policiers agressés, avec la violence que l'on a vue, [et] autour de ces policiers des individus en nombre qui filment et ne bougent pas.



J'aurais énormément de difficultés à considérer qu'il y a derrière ces hordes sauvages quelque chose qui ressemble à de l'humanité ou a fortiori à un début d'idéal. Il n'y a derrière cela que de la violence, de la brutalité, et cela traduit un abandon de tous les principes d'humanisme qui sont au fondement de notre civilisation et des valeurs républicaines.

Une saillie à revoir dans cette vidéo isolée par LCP :



Cinq suspects ont été interpellés suite à la violente agression de policiers près de la place de la République à Paris. Quatre mercredi après-midi, et un cinquième jeudi matin, selon les informations recueillies par Europe 1. La voiture de police a été incendiée alors même que des policiers manifestaient contre les "casseurs". Le véhicule, avec deux agents à son bord qui effectuaient une patrouille, a reçu plusieurs projectiles lancés par des manifestants anti-violences policières. L’un de ces contre-manifestants a brisé la vitre arrière du véhicule, avant d'y lancer un fumigène.



Les deux fonctionnaires qui l'occupaient ont pu quitter la voiture avant qu'elle ne s'embrase. Ils ont ensuite été pris à partie par des manifestants. L'un des policiers, un adjoint de sécurité, a été conduit à l'hôpital pour des examens complémentaires. Bernard Cazeneuve s'est rendu à son chevet mercredi soir.





[BONUS TRACK] #JeNeSuisPasTrump

Lors de ce même débat, Bernard Cazeneuve a une nouvelle fois répondu vertement à la droite et ses accusations de laxisme face à ces violences. "Laisser à penser qu'il y aurait au sein de l'administration, ou a fortiori du gouvernement, une forme de mansuétude à l'égard de ceux qui commettent ces actes, est faux", a-t-il assuré avant d'accuser en creux la droite de faire du Trump sur ces sujets :

 

Un ministre de l'Intérieur qui veut faire en sorte que le droit passe ne peut s'éloigner des principes de droit en convoquant la démagogie. Un ministre de l'Intérieur, face à un tel niveau de tension, ne peut pas puiser son inspiration dans la pensée et les comportements de Donald Trump, même si ce dernier semble inspirer d'autres acteurs dans la classe politique française.

Une attaque qui visait notamment Nicolas Sarkozy, qui tient un discours ambigu sur le futur candidat Républicain à l'élection présidentielle américaine. 



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