Menacé de se faire virer de la présidence de LR, Wauquiez avertit et se présente comme "l'héritier" de Sarkozy

Publié à 19h16, le 28 novembre 2016 , Modifié à 21h16, le 28 novembre 2016

Menacé de se faire virer de la présidence de LR, Wauquiez avertit et se présente comme "l'héritier" de Sarkozy
Laurent Wauquiez © AFP
Image Sylvain Chazot


Laurent Wauquiez peut l'avoir mauvaise. Il faut le comprendre, lui qui s'était engagé pour Nicolas Sarkozy à la primaire de la droite pourrait se faire dégager de la direction de Les Républicains. Un coup dur pour le président (par intérim) de LR qui martelait, dimanche dans le JDD, à quel point la droite devrait se rassembler après la primaire.

Rien n'est encore officiel. Ce lundi, l'AFP a annoncé le remplacement de Laurent Wauquiez par Bernard Accoyer, avec le titre de secrétaire général. Mais un peu plus tard, François Fillon a démenti auprès de l'AFP avoir pris sa décision concernant l'avenir de LR. "Je n'ai pas fini mes consultations, je n'ai pris aucune décision", a-t-il dit. Une précision à nouveau apportée, sur France 2, quelques minutes plus tard. 

C'est que Laurent Wauquiez compte vendre chèrement sa peau. Cité par Le Figaro ce lundi 28 novembre, le président d'Auvergne-Rhône-Alpes et député de Haute-Loire menace : s'il perdait la présidence (par intérim) de LR, il ne ferait rien pour faciliter la vie politique de François Fillon. "Couper des têtes serait une violence inutile. En me virant, il [François Fillon] s'achèterait gratuitement un opposant", a-t-il dit avant d'invoquer Nicolas Sarkozy :

Si le premier geste du candidat est de me dégager, ce ne sera pas un signe de rassemblement. Nicolas Sarkozy a pris tout de suite position pour lui et je me considère comme son héritier : s'il me vire, c'est à Nicolas Sarkozy qu'il fera une mauvaise manière.

Deux choses sont à retenir. D'une, Laurent Wauquiez se voit donc comme "l'héritier" de Nicolas Sarkozy, ni plus, ni moins. De deux, il estime que son renvoi de LR serait une très mauvaise manière de remercier l'ancien chef de l'État pour son soutien au second tour de la primaire.  

Surtout, "l'héritier" de Nicolas Sarkozy pense que François Fillon aurait besoin de lui pour gagner en 2017 car il incarne – c'est son avis – "la droite des petites gens" alors que l'ancien Premier ministre a un électorat "très notabilisé". Un "électorat notabilisé" qui a tout de même permis à François Fillon de recueillir plus du double de voix que l'ancien chef de l'État au premier tour de la primaire...

Le candidat de la droite pour 2017 ne semple pas vouloir l'entendre cette oreille. Dès le premier tour, l'ancien Premier ministre avait fait savoir à ses troupes qu'il ne prendrait avec lui que "les plus jeunes" sarkozystes, "genre Darmanin". "Mais, les plus marqués, la vieille garde, on évite", avait-il dit, cité par Le Canard Enchaîné



[EDIT 20h13] Modification du papier et du titre suite au démenti apporté par François Fillon à l'AFP

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