Zyed et Bouna : pour Marion Le Pen, la relaxe des deux policiers "prouve que la racaille avait bien mis la banlieue à feu et à sang par plaisir"

Publié à 16h26, le 18 mai 2015 , Modifié à 15h26, le 19 mai 2015

Zyed et Bouna : pour Marion Le Pen, la relaxe des deux policiers "prouve que la racaille avait bien mis la banlieue à feu et à sang par plaisir"
Marion Maréchal-Le Pen le 14 avril 2015 © Images France 3
Image Etienne Baldit


#PARPLAISIR - Les deux policiers poursuivis pour non-assistance à personne en danger, dans l'affaire de la mort de Zyed et Bouna, ont été relaxés par le tribunal de Rennes lundi 18 mai. Les adolescents, âgés de 15 et 17 ans, sont morts en 2005 dans un site EDF à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) alors qu'ils tentaient d'échapper à un contrôle de police. Leur mort avait entraîné trois semaines d'émeutes dans les banlieues parisiennes et la déclaration de l'état d'urgence par Jacques Chirac.

Et certains politiques sont RA-VIS de ce verdict. Notamment Marion Maréchal - Le Pen, selon qui cette décision "prouve que la racaille avait bien mis la banlieue à feu et à sang par plaisir et non à cause d'une bavure policière" :





Dans un second tweet, la députée FN du Vaucluse a par ailleurs partagé ses "pensées pour Jean-Jacques Le Chenadec et Jean-Claude Irvoas, victimes de la violence des émeutiers et aujourd'hui oubliés". Jean-Jacques Le Chenadec est décédé après avoir reçu un coup mortel le 4 novembre 2005, un soir des émeutes urbaines qui avaient touché la France. Son agresseur avait été condamné en 2009 à cinq ans de prison. Quant à Jean-Claude Irvoas, lui aussi cité par l'élue FN, il s’agit d’un salarié de l’éclairage urbain, décédé en octobre 2005 après une altercation avec quatre personnes à Epinay-sur-Seine. Un drame que l’extrême droite avait alors tenté de récupérer pour crier au racisme antiblanc, "alors que trois des quatre individus concernés sont d'origine européenne", écrivait en 2010 Le Figaro (voir en fin d'article). FdeSouche, site internet d’extrême droite, a par ailleurs publié un *article* similaire au tweet de la députée frontiste, ce 18 mai, intitulé "N’oubliez pas Jean-Jacques Le Chénadec et Jean-Claude Irvoas, les vraies victimes des émeutes de 2005".

La nièce de Marine Le Pen n'est cependant pas la seule, au FN, à s'être réjouie de ce verdict. Ainsi le numéro 2 du parti, Florian Philippot, a pour sa part indiqué être "très heureux pour les policiers". "Victoire de la JUSTICE enfin", ajoute l'eurodéputé frontiste :





Du côté de l'UMP, c'est Éric Ciotti qui n'a pas caché son contentement devant cette décision. Premier responsable à réagir rapidement après l'annonce du verdict, le député des Alpes-Maritimes s'est "réjoui de la relaxe des deux policiers injustement mis en cause pendant dix ans" :





Des commentaires qui choquent certains politiques de gauche, comme Alexis Bachelay. Le député PS des Hauts-de-Seine s'en est pris nommément à Éric Ciotti et Florian Philippot qui selon lui "exploitent une 'décision' de justice sans pudeur, sans compassion pour Zyed et Bouna" :





Auparavant, il avait posté ce message qui dit son aigreur devant ce verdict :







[Edit 16h50 ] 

Marine Le Pen s'est également exprimée sur Twitter :





   

[Edit 17h33 ]  

Emmanuelle Cosse (Secrétaire nationale d'EELV) qualifie sur Twitter la déclaration de Marion Maréchal-Le Pen de "dégueulasse".  Elle ajoute :"Vous êtes une honte pour la France".







[Edit 19h05]

L'élu communiste de Paris Ian Brossat a également vivement réagi au tweet de l'élue frontiste :



Marion Le Pen. Si jeune, si bête, si pleine de haine...

[Edit 20h25]

Qu'importent toutes ces réactions indignées, Marion Maréchal-Le Pen garde la tête haute. En meeting dans l'Essonne dans la soirée aux côtés de Wallerand de Saint-Just (candidat aux régionales en Ile-de-France pour le FN), la petit-fille de Jean-Marie Le Pen a ironisé sur la polémique née de ses propos : 





"Je ne m'en excuse pas, je le revendique bien au contraire", a-t-elle également déclaré, comme on peut le voir sur cette vidéo isolée par BFMTV :









[Edit 19 mai] Première ministre à réagir, Myriam El Khomri, secrétaire d'Etat chargée de la politique de la Ville, est "infiniment choquée" :





[Edit 19 mai, 15h15]

Dans un article publié en 2006 et mis à jour en 2009, Le Monde rapportait la même chose :

Avait également été évoqué un crime anti-Blanc. Mais trois des quatre mis en examen sont d'origine européenne.  "Il n'y a aucun mobile raciste", assure Me Virginie Blancan, avocate d'un des mis en examen, évoquant "un enchaînement malheureux". "Une expression de rage", préfère résumer un proche du dossier.

En 2007, avant le verdict, Libération écrivait pour sa part que les quatre personnes mises en causes (Sébastien Béliny, Samba Diallo, Benoît Kusonika et Icheme Brighet) étaient "tous français". Libé précisait cependant que le premier était "originaire des Antilles", le second "d'origine sénégalaise", le troisième de"père congolais"  et de "mère française" et le quatrième "d'origine algérienne"

En 2005, Le Monde relatait comment le Front national et le MPF de Philippe de Villiers avaient tenté de tirer profit du contexte d'émeutes dans les banlieues, espérant notamment un "afflux d'adhésions". Le quotidien précisait notamment :



Dimanche 6 novembre, c'était au tour des Identitaires de manifester en banlieue. Une vingtaine de militants brandissant une banderole "politiciens tous complices" ont perturbé l'hommage d'Epinay-sur-Seine à Jean-Claude Irvoas, tué dans la rue, le 27 octobre, alors qu'il photographiait un lampadaire.

En 2010, réagissant à l'article du Figaro précédemment cité, Fdesouche tentait déjà insidieusement de faire croire à un crime raciste antiblanc. 

Du rab sur le Lab

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