Affaire Fillon-Jouyet : Aurélie Filippetti fustige "l'inconséquence" et la "maladresse" du secrétaire général de l'Élysée

Publié à 15h49, le 12 novembre 2014 , Modifié à 16h02, le 12 novembre 2014

Affaire Fillon-Jouyet : Aurélie Filippetti fustige "l'inconséquence" et la "maladresse" du secrétaire général de l'Élysée
© Images France 3 - Montage Le Lab

"LA POLITIQUE, C'EST UN MÉTIER" - Aurélie Filippetti est "atterrée" par la polémique autour du déjeuner entre Jean-Pierre Jouyet et François Fillon. D'abord parce qu'"au départ, cette affaire aurait dû mettre en difficulté Nicolas Sarkozy", estime-t-elle. Mais surtout parce que si elle s'est finalement retournée contre l'exécutif, c'est selon l'ancienne ministre par la faute du secrétaire général de l'Élysée, qu'elle taxe d'amateurisme.

Sur France 3 mercredi 12 novembre, la députée de la Moselle a, calmement mais de manière cinglante, fustigé la "maladresse" voire "l'inconséquence" ou "la négligence" du bras droit de François Hollande :

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Malheureusement je le déplore, mais c'est bien par au mieux une maladresse, au pire de l'inconséquence ou de la négligence, que nous en sommes arrivés là.



Je regrette qu'aujourd'hui les conseillers du président, ses bras droits, qui sont des fonctionnaires et pas des élus, parlent à des journalistes, s'expriment. La politique, c'est un métier, une expérience et une expérience de terrain. Il faut voir ce que nous, dans nos circonscriptions, là où nous sommes élus, nous entendons ensuite à cause d'affaires comme ça.

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Précision : s'il n'a jamais été élu, Jean-Pierre Jouyet a tout de même été secrétaire d'État pendant plus d'un an et demi, dans le gouvernement de François Fillon.

Pour Aurélie Filippetti, ce genre d'erreurs "mettent les élus dans la difficulté". Elle recommande donc de "s'en tenir à la doctrine qui avait été édictée par François Hollande quand il était candidat" :

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Il avait dit : 'Moi président, les conseillers présidentiels ne s'exprimeront pas face à la presse ou avec des journalistes'. Il faudrait en rester là.

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Car si aujourd'hui, la droite peut accuser le pouvoir "d'instrumentaliser la justice", c'est à son sens parce que Jean-Pierre Jouyet a "tendu des perches pour se faire battre" :

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Depuis 2012, il y a des consignes très strictes pour qu'il n'y ait aucune intervention dans le domaine de la justice et notamment sur des affaires particulières. C'est vraiment, depuis deux ans, la ligne fixée par le président de la République.



Mais là, on a tendu des perches pour se faire battre puisqu'en quelque sorte, par cette maladresse très... vraiment très regrettable, de Jean-Pierre Jouyet, la droite a ses arguments pour attaquer le président de la République.

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Le secrétaire général de l'Élysée doit-il alors démissionner, comme l'exigent certains dans l'opposition mais aussi au sein de la majorité ? Aurélie Filippetti botte en touche et estime que c'est à François Hollande de tirer "les conséquences" de cette "maladresse" de son vieil ami :

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C'est sa décision, à lui, celle du président de la République surtout, qui doit évaluer les conséquences de ce que font ses collaborateurs les plus proches.

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Malgré l'ampleur de la polémique, l'exécutif soutient mordicus Jean-Pierre Jouyet. Le secrétaire général de l'Élysée a ainsi pu s'afficher longuement avec Manuel Valls sur le perron de l'Élysée, après le conseil des ministres ce mercredi. 

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