Arnaud Montebourg vante "la leçon magistrale de courage de Renzi à Hollande" après la nationalisation temporaire d'une aciérie en Italie

Publié à 15h51, le 30 décembre 2014 , Modifié à 16h21, le 30 décembre 2014

Arnaud Montebourg vante "la leçon magistrale de courage de Renzi à Hollande" après la nationalisation temporaire d'une aciérie en Italie
Arnaud Montebourg et François Hollande © CHRISTIAN HARTMANN / AFP

Arnaud Montebourg n'est visiblement pas disposé à oublier Florange. En tant que ministre du Redressement productif, il avait (en vain) milité pour la nationalisation temporaire du site sidérurgique, aujourd'hui définitivement fermé. Plus tard, toujours ministre, il s'était discrètement rendu sur place, "en pèlerinage sur le tombeau de la gauche", selon ses mots rapportés par l'écrivain Christian Salmon.

Alors quand le chef de gouvernement italien, le socialiste Matteo Renzi, annonce la future nationalisation temporaire d'une aciérie afin de trouver un repreneur, il ne manque pas l'occasion de rappeler tout cela à son ancien patron. Ce qu'il a fait sur Twitter mardi 30 décembre, saluant "la leçon magistrale de courage de Renzi à Hollande" :

"L'Ilva passera sous administration extraordinaire en janvier", a annoncé Matteo Renzi mercredi 24 décembre, à l'issue du conseil des ministres qui a adopté le décret sur l'aciérie de Tarente, située dans une région déshéritée et où plus de 14.000 personnes sont employées. L'aciérie Ilva est accusée d'être l'une des plus polluantes d'Europe.

Trois commissaires seront nommés "pour gérer la relance du site, accompagnée d'investissements publics sur une période évaluée à 18 à 36 mois", a encore expliqué le président du Conseil italien, précisant que l'investissement en question, qui comprendra des fonds européens, s'élèvera "à quelque deux milliards d'euros".

Et le dirigeant socialiste transalpin de développer :

"

Il y a des moments dans la vie d'un pays où une administration doit avoir le courage de prendre ses responsabilités. C'est fondamental pour sauver un pôle industriel qui est au cœur de l'industrie du Mezzogiorno (sud du pays, ndlr) et qui représente beaucoup plus. [...] Le sens des responsabilités nous appelle et nous y répondons en prenant sur nous de remédier aux erreurs faites dans le passé dans cette ville. Tarente mérite un grand investissement de la part de l'État italien.

"

Devant ce qui sonne en creux comme l'antithèse de la gestion du dossier Florange, Arnaud Montebourg n'a donc pas pu résister. Alors qu'il fait ses vrais-faux adieux à "la vie publique professionnelle" dans une carte de vœux adressée aux habitants de Saône-et-Loire à l'approche de l'année 2015, il reste ainsi présent dans le paysage politique, vigilant sur l'actualité française et internationale de son ancien domaine de compétence.

Il est vrai que, dans la-dite carte de vœux à ses électeurs locaux, il précise qu'il restera "toujours disponible [...] pour intervenir ailleurs lorsque [il] le jugera utile et nécessaire". Voilà qui est fait, et pas plus tard que tout de suite.

Quelques minutes après Arnaud Montebourg, Aurélie Filippetti a elle-aussi salué l'initiative de Matteo Renzi sur Twitter, préférant une citation du dirigeant italien à une attaque frontale contre François Hollande. L'élue de Moselle, qui jugeait que Florange avait été "le tournant du quinquennat" et un "rendez-vous" manqué pour le président de la République, ajoute tout de même le hashtag #Florange pour que le message ne rate pas sa cible :

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