Pour ses voeux, Arnaud Montebourg fait ses adieux à la "vie publique professionnelle" mais laisse la porte ouverte pour la présidentielle

Publié à 13h33, le 30 décembre 2014 , Modifié à 13h39, le 30 décembre 2014

Pour ses voeux, Arnaud Montebourg fait ses adieux à la "vie publique professionnelle" mais laisse la porte ouverte pour la présidentielle
Arnaud Montebourg lors de sa conférence de presse de "démission" à Bercy, le 25 août 2014 © ERIC PIERMONT / AFP

FAUX DÉPART - Depuis son départ fracassant du gouvernement, Arnaud Montebourg a entamé sa "nouvelle vie". Celle d'un "citoyen ordinaire" revenu "vivre au milieu des Français" et étudiant en management en vue de sa future activité de dirigeant d'entreprise.

Un changement de vie qui passe aussi par ses derniers vœux aux Français qui ont fait de lui un conseiller général de Saône-et-Loire, lui qui quittera ses fonctions locales dans quelques semaines. En cette fin d'année 2014, l'ancien ministre de l'Économie adresse une carte aux électeurs de son département, publiée par Le Journal de Saône-et-Loire mardi 30 décembre.

Arnaud Montebourg semble y faire ses adieux à la politique :

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Après 17 années de mandat local et national [...], le moment est venu pour moi de me retirer de la vie publique professionnelle.

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Fin novembre déjà, dans une tribune, il indiquait son "désir de retourner vivre au milieu des Français, de quitter la politique comme mode de vie à part et coupé du réel". Des adieux bis, donc.

Sauf qu'il ne faut jamais dire jamais. Arnaud Montebourg le sait et ne se ferme aucune porte pour l'avenir, lui dont la seule ambition politique est désormais de gagner l'Élysée. Notez bien l'absence de termes trop radicaux comme "définitivement" dans les mots de l'ex-ministre. Dans ses vœux, il explique d'ailleurs que "quitter des fonctions de représentation politique, reprendre un métier comme tout un chacun, refuser de vivre de la politique, recouvrer sa liberté, ne signifie pas l’abandon de tout engagement dans la vie publique".

Pas plus que "je-ne-sais-quel départ de Saône-et-Loire", écrit-il, se voulant "fidèle à [ses] convictions et à ce territoire qui [lui] a tant donné et [qu'il] aime". En conclusion de son texte, il se laisse habilement toute latitude pour revenir dans le jeu politique le temps voulu :

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Je serai toujours disponible pour aider les projets que j’ai fait naître ici, pour défendre mon bilan ministériel là, pour intervenir ailleurs lorsque je le jugerai utile et nécessaire.

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"Ailleurs", lorsque cela sera "utile et nécessaire" : difficile de ne pas voir ici une prise de rendez-vous pour 2017 ou 2022. Car la présidentielle, Arnaud Montebourg y pense et s'y prépare tout en s'en défendant dès qu'il en a l'occasion.

[Bonus Track] Comme Sarkozy

Au soir de sa défaite à la présidentielle, le 6 mai 2012, Nicolas Sarkozy aussi avait tourné une page tout en se ménageant la possibilité d'écrire la suivante. Lui non plus n'avait pas fait d'adieux définitifs à la politique tout en s'apprêtant, comme Arnaud Montebourg donc, à "redevenir un Français parmi les Français". Il écrivait :

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Je m'apprête à redevenir un Français parmi les Français. Une autre époque s'ouvre, dans cette nouvelle époque, je resterai l'un des vôtres, je partage vos idées et vos convictions, et vous pourrez compter sur moi, mais ma place ne pourra plus être la même.



Après trente-cinq ans de responsabilités, dix ans que je vis des responsabilités au plus haut niveau. Mon engagement dans le vie de mon pays sera différent, mais les épreuves ont tissé entre nous des liens que le temps ne changera jamais. Je m'apprête à redevenir un citoyen parmi les autres, et jamais je ne pourrai donner tout ce que vous m'avez donné.

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On sait aujourd'hui qu'il espère en réalité regagner exactement la même "place" et prendre le même "engagement" qu'il y a 8 ans.

L'ensemble du discours de défaite de Nicolas Sarkozy est à retrouver ici.

Du rab sur le Lab

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