Encore ministre, Montebourg s'est discrètement rendu en "pèlerinage" à Florange, sur le "tombeau" de la gauche

Publié à 14h41, le 09 octobre 2014 , Modifié à 16h51, le 17 octobre 2014

Encore ministre, Montebourg s'est discrètement rendu en "pèlerinage" à Florange, sur le "tombeau" de la gauche
Arnaud Montebourg à Florange, le 27 septembre 2012 © REUTERS/Vincent Kessler

REQUIEM - En interview, il essaye tant bien que mal de ne pas dire trop de mal de François Hollande. Mais alors qu'il était encore ministre de l'Économie, Arnaud Montebourg s'est discrètement rendu en "pèlerinage" à Florange, sur le "tombeau" de la gauche, selon ses propres mots.

C'est ce que raconte l'écrivain Christian Salmon dans son livre Les Derniers Jours de la Ve République (Fayard), à paraître le 13 octobre, comme l'a repéré L'Express. Contacté par Le Lab, Christian Salmon précise les motivations de celui qui devait quitter le gouvernement trois semaines plus tard. Voilà comment Arnaud Montebourg voyait cette visite, qui s'est faite le 1er août sans collaborateur ni journaliste :

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Il considérait cela comme l'aboutissement, le bouclage de son expérience gouvernementale. Son analyse, c'est qu'après Florange, ils [la gauche au pouvoir, ndlr] ont trahi toutes leurs promesses, que c'est à partir de là que tout a déraillé

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En novembre 2012, Arnaud Montebourg est alors ministre du Redressement productif. Il propose une "prise de contrôle public temporaire" des hauts-fourneaux, menacés de disparition. Finalement, l'État passe en décembre un accord avec ArcelorMittal, qui s'engage à investir 180 millions d'euros pour sauver la partie "transformation de l'acier" du site sidérurgique. Florange ne sera donc pas nationalisé ni repris et Arnaud Montebourg passera tout près de démissionner.

À un petit groupe de ministres qui dînent ensemble une fois par mois (notamment Benoît Hamon, Christiane Taubira et Cécile Duflot) et qui se surnomment "le cercle des poètes disparus", Montebourg confie alors, selon ce que rapporte Christian Salmon dans son livre :

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Nous finirons dans les poubelles de l’histoire.

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"Il n'était au gouvernement que depuis quelques mois et considérait qu'il ne pouvait pas partir dès le premier désaccord", explique Christian Salmon au Lab. Le ministre finira par quitter le gouvernement fin août 2014, après plus de deux ans de sorties polémiques et d'accrochages avec les deux Premiers ministres de François Hollande. Christian Salmon poursuit :

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Après la réorientation de la politique économique, il y a eu un séminaire gouvernemental très chaud durant l'été. Montebourg a acquis la conviction que ça tourne mal, qu'il faut penser à la sortie. La suite s'explique comme cela.

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Les hauts-fourneaux, eux, seront définitivement mis à l'arrêt le 24 avril 2013. Depuis, le feuilleton de Florange symbolise pour certains, notamment les syndicats du site, l'abandon des promesses de campagne du candidat Hollande. Il a notamment été immortalisé par la "stèle de la trahison", achetée 3.000 euros en septembre 2013 par un acquéreur anonyme. Voici ce qu'on peut y lire :

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Ici reposent les promesses de changement de F. Hollande faites aux ouvriers et leurs familles à Florange.

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Le candidat Hollande s'était rendu auprès des syndicalistes de Florange, juché sur une camionnette. Dans son engagement 35, il promettait de faire voter une loi interdisant les licenciements pour les sites industriels rentables.

Du rab sur le Lab

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