Ça se complique pour la nomination de Jacques Toubon comme Défenseur des droits

Publié à 10h09, le 18 juin 2014 , Modifié à 10h09, le 18 juin 2014

Ça se complique pour la nomination de Jacques Toubon comme Défenseur des droits
Jacques Toubon. © Maxppp.

Les relations entre François Hollande et sa majorité sont déjà tendues sur les questions économiques. Et ce n’est pas la proposition du président de nommer l’ancien ministre chiraquien Jacques Toubon comme Défenseur des droits qui va renouer le lien avec sa majorité parlementaire.

Suite à l’annonce de l’Elysée envisageant de nommer Jacques Toubon pour succéder à Dominique Baudis, plusieurs élus avaient déjà exprimé leur désapprobation. Et demandé aux membres de la commission des lois, qui doit entériner cette nomination, de ne pas voter pour l’ancien député RPR.

Ils ont, semble-t-il, été entendus, parallèlement au lancement d’une pétition par l’écologiste Julien Bayou et le socialiste Mehdi Ouraoui. "Les comptes sont sans appel : aucun socialiste ne votera pour", affirme ainsi France Inter dans un Indiscret. Sur Europe 1, Caroline Roux va dans ce sens et cite un membre de la commission des lois :

Plus on examine ses votes, plus on se rend compte que ça va être compliqué.

Mais pour le moment, la procédure - expliquée sur son blog par Jean-Jacques Urvoas - suit son cours. Le député UMP Guy Geoffroy a ainsi été missionné pour "passer sa carrière au scanner", dixit Caroline Roux. Il est également chargé d’envoyer à Jacques Toubon un questionnaire, préalable à son audition publique par la commission des lois de l’Assemblée le 2 juillet.

Pour bloquer sa nomination, 3/5e des voix de la commission des lois sont nécessaires. Un chiffre que la gauche seule ne peut obtenir. Il leur faudrait alors des voix venues de l’UMP qui, pourtant, soutient Jacques Toubon.

Un risque de cafouillage, mais surtout d’humiliation pour François Hollande qui serait désavoué par sa majorité, que ne veut pas risquer Jean-Jacques Urvoas, le président de cette puissante commission des lois du Palais Bourbon.
Aussi s’apprête-t-il, si nécessaire, à demander à Jacques Toubon de se retirer de lui-même. "Si je sens que le dossier n’est pas bon, si je me rend compte que ça ne va pas passer, confie-t-il. J’irai demander à Jacques Toubon de décliner la proposition."

A LIRE SUR LE LAB :

>> "Il a changé!" : Manuel Valls, Bruno Le Roux et Jean-Marie Le Guen prennent la défense de Jacques Toubon

Du rab sur le Lab

PlusPlus