Charge de cadres du FN contre un parti des musulmans en lice pour les départementales

Publié à 19h00, le 12 février 2015 , Modifié à 19h05, le 12 février 2015

Charge de cadres du FN contre un parti des musulmans en lice pour les départementales
Steeve Briois, vice-président du FN © SEBASTIEN BOZON / AFP

Elle n’a pour l’instant qu’un seul élu, mais affiche beaucoup d’ambition. "L’Union des démocrates musulmans français (UDMF)", c’est son nom, compte se lancer dans le grand bain électoral à l’occasion des départementales de mars prochain, comme le révèle Le Parisien dans son édition de ce jeudi 12 février. L’Union-quoi ?

Fondée en 2012, cette formation encore groupusculaire se donne pour mission de représenter "une partie de la population qui ne se retrouve pas dans les partis traditionnels". Comprendre : les personnes de confession musulmane. Et s’il ne revendique que 900 adhérents à ce jour, le mouvement assure avoir recruté 200 nouveaux membres depuis les attentats de janvier et les vifs débats autour du livre Soumission, de Michel Houellebecq.

Une France islamisée par les urnes, légalement ? De la fiction du prix Goncourt à la réalité, il n’y a qu’un pas, ont dénoncé en substance ce jeudi plusieurs cadres du Front national, apparemment seule formation à avoir réagi à l’information du Parisien. Steeve Briois, son vice-président, a dégainé un communiqué offensif contre ce qu’il perçoit comme "un grave glissement de notre république vers le communautarisme et le mépris de la laïcité". L’eurodéputé argumente :

Les Français de confession musulmane peuvent être représentés, mais en tant que Français, pas en tant que musulmans ! Cette dérive n’aidera pas les Français d’origine étrangère à la dérive à se raccrocher à la seule communauté qui vaille, la communauté nationale. Encore une fois, l’UMP et le PS vont se plaindre de conséquences dont ils sont pourtant les seuls responsables.

Nicolas Bay, secrétaire général du mouvement frontiste, s’en est lui aussi pris aux deux grands partis de gouvernement, accusés d’avoir favorisé le phénomène. Dans un message publié sur son compte Twitter, il écrit :


Des mises en garde fondées ? Le parti incriminé se défend de son côté de tout prosélytisme et prétend ne pas vouloir imposer la charia. Même s’il préconise par ailleurs de développer le halal dans l’agroalimentaire, la finance islamique dans le business et se prononce pour l’autorisation du port du voile à l’école. Une dernière mesure interdite par la législation en vigueur.

À l’heure actuelle, le parti musulman ne compte qu’un seul élu, un conseiller municipal de Bobigny allié au maire UDI de la commune. Pour les départementales, il dit vouloir présenter des candidats dans huit cantons répartis autour des grandes villes.

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