Union (presque) sacrée des politiques pour défendre un boulanger contraint de fermer boutique un jour par semaine

Publié à 21h07, le 12 février 2015 , Modifié à 00h05, le 13 février 2015

Union (presque) sacrée des politiques pour défendre un boulanger contraint de fermer boutique un jour par semaine
Juliette Méadel, François Fillon, François Bayrou et Nathalie Kosciusko-Morizet © Montage AFP

Il est des situations exceptionnelles qui imposent l’union sacrée dans la classe politique : la guerre, les attentats contre les magazines satiriques et… les boulangers trop zélés. Stéphane Cazenave, artisan landais contraint de fermer boutique un jour par semaine (le lundi) s’est attiré ces derniers jours des élans de sympathie de l’UMP, du MoDem et même du PS.

François Fillon avait été le premier à dégainer mardi, apportant sur son blog "tout son soutien" au boulanger mis en demeure par l’Inspection du travail de respecter un arrêté préfectoral de 1999. Nathalie Kosciusko-Morizet a emboité le pas à l’ex-Premier ministre ce jeudi 12 février. Au nom de l’UMP, la n°2 du parti a lancé sur le site Change.org une pétition dont voici le propos introductif :

Au moment où la France connaît une stagnation de l’emploi et un chômage historiquement élevé, cette injonction de fermeture administrative apparaît non seulement injuste au regard de sa volonté de travailler mais également en total décalage avec les attentes des Français qui croient en la valeur travail, à la récompense de l’effort et à l’emploi local.

La veille, François Bayrou avait lui aussi volé au secours de Stéphane Cazenave. Au micro de Radio Classique, le président du Modem avait déclaré :

Au fond les Français veulent que le dimanche ne soit pas un jour comme les autres, mais ils veulent qu’on laisse travailler ceux qui le veulent, davantage les plus petits que les plus gros.

Plus inattendu, au regard de son opposition historique au travail du dimanche et alors que le débat autour de la Loi Macron fait rage en son sein, le PS a adopté une position conciliante vis-à-vis du commerçant jeudi. D’autant plus surprenant que la veille, le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, avait dénoncé une "utilisation politicienne" de cette affaire et avait semblé se ranger à l'avis de la corporation des boulangers, attachée au repos hebdomadaire obligatoire.

Dans une lettre ouverte à l’intention de Stéphane Cazenave, Juliette Méadel, porte-parole des socialistes, a écrit :

Nous demandons que soit mise en place une concertation interprofessionnelle locale et nationale si nécessaire, incluant les professionnels de la boulangerie et de la grande distribution et les représentants des salariés pour examiner les éventuelles failles de la réglementation actuelle et y répondre en préservant l’esprit d’entreprise, la valorisation du petit commerce et la revitalisation des territoires.

Sur la même ligne que la droite et le centre, Solférino ? Presque. À ceci près que la formation semble plutôt préconiser une approche inversée : uniformiser la règle de la fermeture hebdomadaire, pour que le petit commerce ne souffre pas de la concurrence des grandes surfaces.

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