Alain Juppé sur la primaire UMP : "S'il y a trois millions de votants, j'aurai toutes mes chances"

Publié à 06h49, le 13 février 2015 , Modifié à 11h07, le 13 février 2015

Alain Juppé sur la primaire UMP : "S'il y a trois millions de votants, j'aurai toutes mes chances"
Alain Juppé © KENZO TRIBOUILLARD / AFP

LE COMPTE EST BON - Pour la première primaire présidentielle de son histoire, l'UMP a pris exemple sur le PS en termes de votants espérés. Pour les cadres du parti d'opposition chargés de plancher sur ce scrutin interne, seul un électorat de 2,5 à 3 millions de personnes permettra de faire de cette compétition un succès. Alain Juppé, lui, voit même dans ce dernier chiffre une condition de sa victoire.

Dans une interview à Sud Ouest vendredi 13 février (jour ô combien symbolique pour des prédictions d'ordre mathématique), le maire de Bordeaux martèle sa confiance : "Je ne pars pas du tout dans l'idée que je serai minoritaire au sein de l'électorat de l'UMP", explique-t-il. Lui qui milite pour un rapprochement avec le centre, jusqu'au MoDem de François Bayrou (ce qui lui cause quelques menus soucis avec certains militants UMP), compte évidemment sur ce réservoir de voix pour s'imposer face aux Sarkozy, Fillon, Bertrand, Estrosi, voire Le Maire. 

Il veut croire qu'une participation aux alentours des 3 millions d'électeurs lui serait favorable. Il explique :

Le PS a mobilisé 2,9 millions d'électeurs, c'est-à-dire beaucoup plus que son nombre d'adhérents, il n'y aucune raison que nous ne sachions pas le faire. [...] Il s'agira de rassembler le plus largement possible. S'il y a 500.000 votants, Nicolas Sarkozy aura toutes ses chances,  s'il y en a trois millions, j'aurai toutes mes chances.

Manière de limiter Nicolas Sarkozy au seul électorat droitier du parti. Manière, aussi, de rappeler son opposition au "ni ni" prôné par l'UMP en cas de duels FN-PS, après avoir appelé à voter pour le candidat socialiste à l'occasion du second tour de l'élection législative partielle dans le Doubs, dimanche dernier. À Sud Ouest, il affirme :

Nous n'arrivons pas à endiguer ce flux du FN. J'étais très heureux d'entendre, lundi matin, Bruno Le Maire dire que le combat prioritaire était celui contre le FN [voir ici, ndlr]. S'il l'avait dit dimanche [lors du conseil national de l'UMP], ça aurait été encore mieux.



[...] Si l'UMP s'enferme entre le FN et un centre à qui elle refuse d'ouvrir la porte, elle est vouée à être réduite à une peau de chagrin.

Il ajoute : 

Il est incontestable aujourd'hui qu'il y a deux tendances à l'UMP. L'une, va plus vers la droite, l'autre va plus vers le rassemblement. Et ce débat là, n'est pas tranché.

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