Claude Bartolone justifie son boycott de la remise d'un prix à Steeve Briois (FN) en invoquant Jean-Marie Le Pen

Publié à 16h22, le 28 janvier 2015 , Modifié à 15h39, le 29 janvier 2015

Claude Bartolone justifie son boycott de la remise d'un prix à Steeve Briois (FN) en invoquant Jean-Marie Le Pen
Claude Bartolone © PATRICK KOVARIK / AFP

PIQÛRE DE RAPPEL - En compagnie de 10 députés socialistes, Claude Bartolone a boycotté, mardi 27 janvier, la remise du prix de l'élu local de l'année au maire FN d'Hénin-Beaumont, Steeve Briois. Pour la première fois, un élu frontiste était récompensé d'un de ces trophées décernés par le Trombinoscope, qui "saluent l’action et le professionnalisme de personnalités politiques qui se sont particulièrement illustrées durant l’année écoulée".

Le président de l'Assemblée nationale a donc tenu à marquer son désaccord. Il s'en est expliqué, mercredi, devant notamment les caméras de LCP. "Vous pouvez reconnaître électoralement [une formation politique] parce qu'elle existe, mais vous n'êtes pas obligé de la célébrer, vous n'êtes pas obligé de partager des petits fours avec elle", s'est défendu Claude Bartolone.

Autre argument du titulaire du Perchoir, qui ressort les vieux dossiers :

Vous n'êtes pas obligé, là aussi, d'affaiblir votre mémoire. Ce n'est quand même pas moi qui ai inventé cette phrase d'un simple "détail de l'histoire". Et je vous le dis franchement, hier, je ne me voyais pas participer à une démonstration dans les salons de l'Assemblée nationale qui semblait honorer un membre d'un parti dont le président d'honneur avait tenu cette phrase insupportable.

Une réponse à retrouver dans cette vidéo de LCP :



Pour rappel, Jean-Marie Le Pen avait estimé, en 1987, que les chambres à gaz étaient "un point de détail de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale". Des propos pour lesquels il avait été condamné en 1991.

Claude Bartolone considère donc que ce boycott d'un prix remis à un élu du parti fondé par Jean-Marie Le Pen s'inscrit dans un certain devoir de "mémoire", au lendemain des commémorations du 70e anniversaire de la libération du camp d'extermination d'Auschwitz-Birkenau.

De son côté, le journaliste Gilles Leclerc, membre du jury des Prix du Trombinoscope, se justifiait mardi auprès de La Voix du Nord :

Nous aurions pu désigner Marine Le Pen dans la catégorie de la révélation politique de l’année mais nous ne l’avons pas fait. […] À Hénin-Beaumont, Steeve Briois a été élu dès le premier tour. On peut en penser ce que l’on veut mais c’est comme ça. Ce n’est pas du tout le bilan d’un maire que nous avons voulu mettre en lumière, mais sa conquête d’une ville.

[Edit 29/01 15h35] Briois dénonce le "sectarisme indécent" de Bartolone

Dans un communiqué publié jeudi 29 janvier, Steeve Briois fustige la "grave crise d'hystérie chez les socialistes et leurs amis" provoquée par son prix et dénonce le "sectarisme indécent" de Claude Bartolone :

Ma nomination comme élu local de l'année par le jury de journalistes indépendants du Trombinoscope a provoqué une grave crise d'hystérie chez les socialistes et leurs amis. [Claude Bartolone] s'est distingué par un sectarisme indécent pour un président de l'Assemblée nationale. La gauche française a voulu créer une polémique parfaitement artificielle le jour où était annoncé que l'année 2014 avait été une année record pour le chômage, et ainsi ne pas avoir à reconnaître que l'état de grâce était bel et bien un lointain souvenir que la réalité a rattrapé.

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