Contre la pollution, le gouvernement met en place la circulation alternée à Paris et en petite couronne

Publié à 09h11, le 16 mars 2014 , Modifié à 09h17, le 16 mars 2014

Contre la pollution, le gouvernement met en place la circulation alternée à Paris et en petite couronne
La pollution à Paris, mardi 12 mars 2014. (Vincent Isore/MaxPPP)

PAIRES OU IMPAIRES ? - Philippe Martin avait prévenu la veille. Le ministre de l'Ecologie avait estimé que la circulation alternée, qui prévoit d'alterner les jours de circulation en fonction des plaques paires ou impaires, était une mesure "lourde à mettre en oeuvre".

Il avait surtout rappelé que la mesure, qui avait été testée une seule fois dans l'histoire en 1997, n'avait "pas laissé un bon souvenir".

Tant pis : dans l'après-midi de samedi, un communiqué de Matignon a prévenu que la circulation alternée entrerait bien en vigueur à partir de lundi 05h30, dans Paris et sa petite couronne.

Seuls les véhicules, y compris les deux roues immatriculés, portant une plaque impaire pourront circuler. Toutefois, les véhicules électriques ou hybrides seront autorisés, quel que soit leur numéro d'immatriculation, de même que les voitures avec au moins trois personnes à bord. Tous les poids lourds seront interdits à l'exception des véhicules d'urgences, des camions frigorifiques, les voitures auto-écoles et les taxis. L'amende en cas d'infraction s'élèvera à 22 euros.

Sur TF1, Philippe Martin a plaidé que "la santé publique nécessite un effort." Il ajoute :

Les Franciliens vont parfaitement comprendre que c'est la mesure qui permettra de mettre un terme à ce pic de pollution.

Il vaudrait mieux pour la majorité, à une semaine du premier tour des élections municipales... Les différents candidats dans la capitale s'en sont d'ailleurs rapidement donné à cœur joie.

La candidate UMP à la mairie de Paris, Nathalie Kosciusko-Morizet, a estimé samedi dans un communiqué que la circulation alternée qui sera mise en place lundi dans la capitale et sa petite couronne, était "un cache-misère de l'inaction de l'équipe sortante" PS.

Cette mesure d'urgence arrive beaucoup trop tard : le pic de pollution a été anticipé et sévit depuis près d'une semaine sur la région parisienne, pourquoi la réaction des pouvoirs publics est-elle aussi tardive ? On peut donc douter de l'efficacité de cette mesure alors qu'elle est appliquée dix jours après le début de l'épisode.

La candidate de la mairie de Paris, qui cosigne le communiqué avec l'écologiste Yann Wehrling, 5ème sur la liste UMP dans le XVe, ajoute :

Vu les conditions dans lesquelles elle est appliquée, la circulation alternée n'est qu'une rustine, qui plus est mal définie, puisqu'elle interdit aveuglément la circulation en fonction du numéro de plaque d'immatriculation, et non selon le degré de pollution des véhicules. Lundi, une Twingo dernière génération peu polluante avec numéro pair sera interdite de circulation, alors qu'un 4x4 diesel polluant sera autorisé : où est la logique ?

De son côté, le candidat écologiste, Christophe Najdovski (EELV) a salué la décision du gouvernement, tout en la jugeant "extrêmement tardive" et ne réglerait "rien sur le fond". Pour lui, il faut engager "la sortie du diesel". Même satisfaction chez la candidate du Front de gauche, Danielle Simonnet, qui a réclamé aussi la sortie du diesel. Wallerand de Saint-Just, candidat du Front national, a vilipendé pour sa part une "punition" infligée par le gouvernement.

Dans une interview à Libération samedi, Philippe Martin a déclaré travailler à des mesures pérennes avec les collectivités territoriales qui se traduiront par l'annonce d'ici l'été d'un plan de protection de l'atmosphère des zones les plus touchées.

Les particules peuvent provoquer de l'asthme, des allergies, des maladies respiratoires ou cardiovasculaires, et les plus fines d'entre elles ont été classées "cancérogènes certains" par l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

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