De Muet à Pompili, en passant par Guedj, quand Emmanuel Macron multiplie les rencontres

Publié à 15h41, le 03 novembre 2014 , Modifié à 19h15, le 04 novembre 2014

De Muet à Pompili, en passant par Guedj, quand Emmanuel Macron multiplie les rencontres

 "Quand on a jamais été élu, on a intérêt à venir déminer !" Ce conseil d’amie d’une parlementaire semble avoir été entendu 5 sur 5 par Emmanuel Macron. Avant la présentation de son projet de loi pour l'activité et l'égalité des chances économiques en Conseil des ministres en janvier, il s’est fixé un objectif : voir tout le monde.

#Not a native

En matière de "Com’ Pol" comme en "calinothérapie", les débuts ont été « compliqués » comme l’indique pudiquement le député frondeur Pascal Ckerki.

Au moment de sa nomination, une interview décapante dans Le Point irrite le PS (et pas que sa gauche), quelques semaines plus tard, sa déclaration sur les illettrés de l'usine Gad provoque une polémique. Pas facile, facile d’être le ministre symbole de la "mise en cohérence du gouvernement", qui plus est ex-banquier…   

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 Ce n’est pas un « native socialiste » donc peu le connaissent.

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Jérôme Guedj, n’est plus parlementaire, mais Emmanuel Macron a demandé à rencontrer assez rapidement – début octobre – cette figure des contestataires.  Presque étonné de cette invitation, le leader de l‘aile gauche qualifie l’échange de "convivial". Un ministre très "focalisé sur ses dossiers". Sans être une terre inconnue, le PS et ses élus restent pour Macron une terre de conquête. "On l’a jamais vu dans un conseil national ou un bureau national" constate un habitué des couloirs de Solférino.    

L’ex-conseiller de François Hollande doit affronter au mieux de la perplexité au pire de la méfiance. Un peu perfidement, une députée tacle le ministre sur son projet de loi : "On sait ce qu’il n’y a pas dedans en revanche on ne sait pas ce qu’il y a dedans !"

 

#Barto le facilitateur

Son opération séduction se concentre donc surtout sur l’Assemblée nationale. Présidents des groupes de la majorité à l'instar de Barbara Pompili pour EELV, présidents des commissions … en tête à tête et à Bercy la plupart du temps, il consulte ou plutôt se présente. "Séducteur, très séducteur, malin .. très malin" commente un président de commission. A la rencontre des huiles, donc, mais  pas seulement. "A l’Elysée, il voyait des députés mais il ne connait pas les parlementaires de base"  comme s’autoqualifie Sandrine Mazetier .

La députée de Paris a rencontré Emmanuel  Macron pour la première fois lors d’un déjeuner le 21 octobre à l’Hôtel de Lassay. Le maitre des lieux, Claude Bartolone, qui adore jouer « le facilitateur » des relations députés-ministres avait convié une douzaine d’élus. Des socialistes de toutes tendances de Pascal Cherki et Pierre Alain Muet (tendance fronde) à Sandrine Mazetier en passant par Laurent Grandguillaume, Valérie Rabault  (tendance rapporteure du budget) ou Richard Ferrand. Sandrine Mazetier a trouvé l'échange utile.

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Il est sorti des EDL (éléments de langage) genre "il faut libérer les énergies"

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La députée de Paris qui a mis en garde le ministre contre un passage en force sur le travail le dimanche. Pascal Cherki et Pierre Alain Muet – eux- l'ont interpelé sur la politique européenne et le risque de déflation. Sur fond de vrais désaccords, "on peut discuter avoir de vrais débats" concède Pascal Cherki.

 

Suffira , suffira pas ? Pour défendre son texte en janvier, le locataire de Bercy aura – et il le sait- besoin de relais au Parlement.  Ses interlocuteurs lui reconnaissent posture d’ouverture, intelligence et séduction sans être pour autant "bouleversés" par le personnage.

Tous les doutes ne sont pas levés : "Est-ce qu’il adapte son discours à ses interlocuteurs ?" s’interroge tout haut une élue. Un autre plus direct ajoute : "On se demande comment il va nous entuber mais il ne nous prend pas pour des cons."

Allez encore quelques efforts monsieur le Ministre   …                  

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