En débaptisant une rue de Béziers, Robert Ménard "porte atteinte à la République", selon le PS

Publié à 13h58, le 14 mars 2015 , Modifié à 14h56, le 15 mars 2015

En débaptisant une rue de Béziers, Robert Ménard "porte atteinte à la République", selon le PS
Robert Ménard. © SYLVAIN THOMAS / AFP

Une nouvelle fois, le maire de Béziers, Robert Ménard, crée la polémique. Après la rafale de critiques qui avait suivi les affiches de la commune vantant l’armement de la police municipale, l’édile s’attire les foudres de la gauche en voulant débaptiser une rue de Béziers.

Robert Ménard, élu avec le soutien du FN, a ainsi décidé, vendredi 13 mars, de débaptiser la rue du 19 mars 1962, date officielle de l’armistice de la guerre d’Algérie devenue date officielle de commémoration de la fin de cette guerre. Le nouveau nom souhaité par l’ancien patron de Reporters sans frontière ? Helie Denoix de Saint-Marc, commandant partisan de l’Algérie française qui avait pris part au putsch des généraux en 1961 pour renverser la République et conserver l'Algérie française.

Inadmissible, rétorque ce samedi 14 mars le Parti socialiste dans un communiqué. "Le Parti socialiste exprime sa vive réaction suite à la décision de Monsieur Ménard, Maire de Béziers soutenu par le Front National, de débaptiser la rue du 19 mars 1962", est-il écrit dans ce texte titré :

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Le maire de Béziers, soutenu par le FN, porte atteinte à la République.

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Cette décision de Robert Ménard a fait réagir Manuel Valls. En déplacement à Saint-Brieuc ce samedi, le Premier ministre a estimé, comme le relaye Le Figaro, que "la nostalgie de l'Algérie française n'apporte rien de bon". Et d'ajouter :

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Le FN n'aime pas la France, c'est rance, c'est triste.

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Sur Twitter, Stéphane Le Foll, porte-parole du gouvernement a accusé Robert Ménard et le FN de "réécrire l’Histoire" et de "mépriser la mémoire" en s’en prenant à la République :

De son côté, le Parti communiste a saisi le tribunal administrative pour abus de pouvoir sur ce changement de nom.

Comme le rapporte Midi Libre, c'est ce samedi que Robert Ménard doit effectuer ce changement de nom, ce qui était une de ses promesses de campagne pour "effacer la honte du 19 mars 1962", explique-t-il. "Avant lui, Serge Dassault, à Corbeil-Essonnes (Essonne) ou Patrick Devedjian, à Antony (Hauts-de-Seine), ont, eux aussi, débaptisé des rues du 19-Mars-1962. À Nice, Christian Estrosi se refuse toujours à organiser une cérémonie officielle, le 19 mars, pour marquer le cessez-le-feu en Algérie", rappelle encore le quotidien régional.

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