Femme voilée Gare de l'Est : Nadine Morano conteste le rapport de police et ne compte pas "en rester là"

Publié à 19h59, le 16 octobre 2014 , Modifié à 16h43, le 17 octobre 2014

Femme voilée Gare de l'Est : Nadine Morano conteste le rapport de police et ne compte pas "en rester là"
© Francois Lafite/Wostok Press/Maxppp France

FEUILLETON - Elle ne compte pas "en rester là". Si elle ne "sait pas encore" quelles suites donner à cette affaire, Nadine Morano dément (à nouveau) auprès du Lab avoir fait "un scandale" avec les policiers Gare de l'Est, mardi, et conteste le rapport de police circonstancié relatant les faits.

Nadine Morano était allée informer les policiers de la présence d'une femme intégralement voilée dans l'enceinte de la gare, mardi 14 octobre, leur demandant de "faire respecter la loi". L'eurodéputée elle-même avait demandé à cette personne d'ôter son niqab, sans succès. Elle s'était heurtée, dit-elle, au "mépris total" de cette femme voilée.

Le rapport de police sur la venue de Nadine Morano dans les locaux des forces de l'ordre, révélé par France Bleu mercredi, fait état de "l'attitude extrêmement agressive" de l'ancienne ministre de Nicolas Sarkozy. Devant le policier lui demandant ses papiers afin de vérifier son identité et notifier son passage au registre, Nadine Morano se serait *un peu* emportée. Voici comment elle a réagi, selon le rapport :

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Comment ?!! Vous ne me connaissez pas ?!! C'est incroyable !! Vous ne regardez jamais la télé ?! Je suis ministre !

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Une version que la principale intéressée trouve aujourd'hui "ahurissante" et "insensée". Nadine Morano a contacté Le Lab, jeudi, pour démentir le récit de l'agent de police. Sa version des faits est la suivante :

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Quand il m'a demandé mes papiers pour m'inscrire sur son fichier, je lui ai tendu mon passeport et je lui ai dit :"Je suis Nadine Morano'. Il m'a répondu : 'Vous savez, moi je ne regarde jamais la télé.'

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Pourquoi le policier aurait-il raconté l'inverse dans son rapport ? L'eurodéputée avance plusieurs pistes possibles : "C'est un fou", "ce sont certainement les paroles d'un syndicaliste", "soit c'est un gauchiste, soit..."

Nadine Morano s'étonne surtout de ne voir nulle part, dans ce rapport, mention des mesures prises par l'agent pour régler le problème qu'elle lui avait signalé. Un agent qu'elle a trouvé "complètement détaché de l'affaire".

Mardi déjà, après que Le Lab a relayé une première information de France Bleu sur ce supposé esclandre, Nadine Morano avait fermement démenti toute incartade avec les forces de l'ordre. Elle expliquait au Lab :

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C'est faux, c'est ridicule. Comme si je me disais : "Oulah, ils ont intérêt à me reconnaître". Je n'y suis pas allée en pensant : "Je suis Nadine Morano", mais pour signaler un problème et leur demander d'intervenir.



[...] Il n'y a eu aucun problème avec eux, ils ne sont évidemment responsables de rien. Pourquoi voulez-vous que je m'énerve ? Je viens de mon plein gré signaler un problème.

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Elle expliquait également que du fait de la tenue de ce "personnage" et de la "valise à roulettes" qu'il transportait, il n'était pas possible de connaître ses "intentions". Tout cela dans une "période de radicalisme" :

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Il y a un personnage qui circule avec une valise à roulettes et cette tenue qui vise à dissimuler : qu'est-ce qui me dit qui est dessous ? C'est une tenue interdite sur l'espace public en France. Avec cette tenue, on ne sait pas quelles sont ses intentions.



Vous faites quoi s'il y a quelque chose dans la valise ? Il se peut qu'il n'y ait rien, mais dans cette période de radicalisme, avec beaucoup de jeunes qui sont touchés, on ne laisse pas proliférer ça sous nos yeux sur l'espace public. Il faut être très, très, très ferme. C'est de la provocation, ce n'est pas autre chose. Ce n'est pas un acte religieux, c'est du radicalisme.

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Du rab sur le Lab

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