Filippetti fustige la "connerie" de Hamon sur la politique de l'exécutif qui "menace la République"

Publié à 21h58, le 29 octobre 2014 , Modifié à 21h58, le 29 octobre 2014

Filippetti fustige la "connerie" de Hamon sur la politique de l'exécutif qui "menace la République"
Aurélie Filippetti et Benoît Hamon © Reuters

Tous deux anciens ministres et tous deux "frondeurs". Mais pas d'accord sur tout pour autant. La petite phrase de Benoît Hamon sur la politique de l'exécutif qui "menace la République", lancée le 22 octobre, au lendemain de l'abstention de 39 socialistes sur le volet recettes du budget de la France pour 2015, n'a *pas vraiment plu* à Aurélie Filippetti.

En privé, l'ex-ministre de la Culture estime qu'il s'agit d'une "connerie", d'après ses propos relayés par Le Point jeudi 30 octobre. Elle juge que cette sortie fracassante est néfaste au message d'opposition que ces ministres contestataires tentent de faire entendre et qu'elle pourrait même bénéficier à François Hollande : 

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De la part de Benoît, c'est une connerie. Si on en est tous là, c'est à cause de François Hollande. On n'a pas fait tout ça pour le remettre au centre du jeu.

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Benoît Hamon lui-même n'a pas tardé à tenter d'éteindre l'incendie causé par ses propos. L'ancien ministre de l'Éducation nationale avait réalisé pas moins de 4 interventions médias le même jour, afin de calmer le jeu et d'expliciter le sens de son attaque du matin. 

Il avait ainsi pu expliquer :

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Cela se fonde sur un raccourci de mon raisonnement. Ce que j'ai voulu dire, c'est qu'en France, moins d'Etat, cela signifie moins de République et donc plus de FN. Je redis ma conviction : on ne peut pas attribuer la montée du Front national à tout le monde sauf à nous. Je n'ai aucun plaisir à vivre et à participer à cette séquence. Mais le problème ce ne sont pas les frondeurs, ce sont les chômeurs. 

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Mais aussi :

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Le mot que j'assume totalement, c'est le désastre démocratique, que je redoute le plus. Le Front national est partout, il est désormais puissant, aux portes du pouvoir. Le problème, c'est pas la division. Le Front national, il est nourri par quoi ? Par les débats du PS ou par le chômage ? Ou l'augmentation des inégalités ? Ou le désenchantement lié au fait qu'aujourd'hui la politique mise en oeuvre ne correspond pas aux raisons pour lesquelles nous avons été amenés au pouvoir par les Français ?

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Du rab sur le Lab

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