Jean-François Copé cosigne avec 11 autres cadres de l'UMP un livre de propositions "pour redresser la France"

Publié à 17h21, le 29 août 2014 , Modifié à 17h32, le 29 août 2014

Jean-François Copé cosigne avec 11 autres cadres de l'UMP un livre de propositions "pour redresser la France"
Jean-François Copé © REUTERS/Philippe Wojazer

COUCOU C'EST MOI - C'est un ouvrage à paraître le 10 septembre, un livre déjà notable en soi puisqu'il illustre une certaine unité de 12 membres de l'UMP, capables de cosigner ensemble un document, Les 12 travaux de l'opposition (éd. Flammarion).

12 projets pour "redresser la France" et donc 12 plumes UMP, 12 cadres issus des différents courants du parti, de Brice "l'ami de 30 ans de Nicolas Sarkozy" Hortefeux à Alain "je suis candidat à la primaire" Juppé en passant par Bruno Le Maire, Laurent Wauquiez, François Fillon, Jean-Pierre Raffarin, Valérie Pécresse, etc. Et… Jean-François Copé.



L'ex-président de l'UMP signe en effet l'une des contributions, intitulée 2017 : l'exigence d'un nouveau 1958 – Pour un sursaut français, le nécessaire gouvernement par ordonnances.

Mieux, le député de Seine-et-Marne est attendu, comme les 11 autres contributeurs, à une conférence de presse le 9 septembre, la veille de la sortie du livre. Mais l'ancien leader de l'UMP n'a pas encore confirmé sa présence.

Revoilà donc Copé. "Jean-François est toujours dans le coin", commente au Lab un proche de Bruno Le Maire. Le candidat à la présidence de l'UMP – et donc à la succession de Copé – n'est pas choqué de cosigner un livre avec l'ex-président. C'est ce que fait savoir l'entourage du député de l'Eure :

Son nom n'est pas collé à celui de Copé. C'est un regroupement. De toute façon, Ils ont toujours eu de bonnes relations. Bruno, c'est celui qui a été le plus soft avec lui.

Un sentiment que d'autres cosignataires partagent. Principal argument : l'ouvrage, inspiré par Benoist Apparu, a été mis en chantier "bien avant les emmerdes de l'UMP", confie au Lab un proche de Valérie Pécresse. François Fillon, par exemple, a écrit sa contribution en mars. Surtout, comme le précise l'entourage de l'ex-Premier ministre, ce livre peut apparaître comme le symbole d'une unité retrouvée.

C'est d'ailleurs tout le sens de la démarche de Benoist Apparu. Contacté par Le Lab, il explique la genèse de ce livre :

Après la proposition de François Fillon de faire des meetings communs avec Jean-François Copé et Alain Juppé, je me suis dit qu'il faillait qu'on aille plus loin pour montrer qu'on faisait du fond, en commun.

Il a donc proposé aux "11 personnalités les plus importantes de l'UMP" – ce sont ses mots - de cosigner un livre de propositions. Et elles ont toutes accepté. Y compris, donc, Jean-François Copé. Ce qui n'a posé de problème à personne, assure Benoist Apparu. Il ajoute :

Pas un des dix autres ne m'a demandé quoi que ce soit concernant Copé. Et jusqu'à preuve du contraire, il reste une personnalité du parti.

Quant au principal intéressé, il n'a pas non plus songé à retirer sa contribution, et ce malgré les vacances médiatiques qu'il s'est imposé depuis son départ de la présidence de l'UMP. Au Lab, un proche de Jean-François Copé explique :

Quand il a dit d'accord pour la contribution, on n'était pas du tout dans l'ambiance de son départ. À partir du moment où il s'était engagé, il n'est pas revenu sur sa promesse.  Et puis, après tout, il n'a pas quitté la politique.

Cette  volonté d'unité retrouvée est d'autant plus louable après les mots lâchés par plusieurs cadres de l'UMP, cosignataires aujourd'hui du livre en question, lors du bureau politique du 27 mai 2014 au cours duquel Copé a démissionné de la présidence de l'UMP. "Tu as servi tes amis, ça se retourne contre toi !", avait tonné Nathalie Kosciusko-Morizet. "Il faut que tu partes. Ta gestion du parti n'est pas acceptable", avait enchaîné François Fillon, imité par Xavier Bertrand et Alain Juppé.

Quant à François Baroin, il avait eu  une formule lapidaire pour résumer son entente avec Copé : "Nos relations sont exécrables, nous ne nous serrons plus la main."

Depuis qu'il a quitté la présidence de l'UMP, le 15 juin, le député-maire de Meaux s'est fait discret, se contentant d'un message sur Facebook pour dénoncer les "souhaits de vengeance et des rancœurs personnelles" qui minent le parti – et dont il est souvent la cible.

[BONUS TRACK]

Sur le fond, la contribution de Jean-François Copé confirme ce que laissaient entendre ses proches au Lab lors de son départ de la présidence de l'UMP. Élu en 2012 sur la ligne du pain au chocolat réaffirme sa ligne "vraiment à droite", tout en rejetant toute alliance avec le Front national.

Comment ? En demandant entre autres l'abrogation de la loi pénale de Christiane Taubira, la suppression de l'Aide médicale d'État, la réforme – encore – du droit du sol, etc. "Il va aussi falloir reconquérir la liberté de dire ce que l'on pense", écrit-il.  

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