Crise à l'UMP : comment Jean-François Copé prépare déjà son retour

Publié à 06h44, le 11 juin 2014 , Modifié à 06h44, le 11 juin 2014

Crise à l'UMP : comment Jean-François Copé prépare déjà son retour

Il n'a rien dit, s'est contenté de donner la parole à chacun, n'a pas tenté d'arranger son cas, ni de ménager son avenir. Taiseux Jean-François Copé, que les membres du Bureau politique de l'UMP ont découvert ce 10 juin. K.O pour certains, évitant surtout les coups pour d'autres. Mais comme le rappellent ses proches, le président démissionnaire de l'UMP est avant tout une "bête politique", et il serait imprudent de l'enterrer tout de suite. Explications.

C'est le petit coup de maître, la petite surprise du chef. Mardi 10 juin, alors que la réunion entérinant sa démission bat son plein, alors que le Bureau politique installe un triumvirat dans son bureau de l'UMP, Jean-François Copé adresse un message à ses militants. Un petit texto envoyé par son équipe, invitant chacun à se rendre, le lendemain, à Aulnay-sous-Bois pour une dernière "réunion publique". En d'autres termes, un meeting réunissant Jean-François Copé, ses proches, et toute une flopée de militants toujours acquis à sa cause. Et comme toujours en politique, le timing ne doit rien au hasard.

Le choix d'Aulnay-sous-Bois tient également lieu de symbole: une banlieue populaire, tout comme sa ville de Meaux, ravie à la gauche en mars dernier, par un irréductible sarko-copéiste, Bruno Beschizza. Le nouveau maire de la ville "a dit oui tout de suite", lorsque l'équipe de Jean-François Copé lui a proposé d'héberger l'événement.

Le maire de Meaux a, selon les informations du Lab, bossé sur son discours tout le week-end. 35 minutes durant lesquelles Jean-François Copé ne délivrera "surtout pas un adieu, pas même un au revoir", selon un de ses proches. "Un à bientôt, à la limite", admettent d'autres. L'occasion pour lui d'expliquer ce que son désormais fameux "faire de la politique autrement" veut vraiment dire: prendre du recul, beaucoup, mais ne rien lâcher sur le fond.

Tous les copéistes contactés par le Lab l'affirment: Jean-François Copé va attaquer sur le plan des idées. Lui qui s'était fait élire président de l'UMP sur la ligne pain au chocolat (remember) en 2012 compte réaffirmer sa ligne "vraiment à droite", rejetant néanmoins toute alliance avec le Front national. Manière de faire entendre sa différence avec un triumvirat qui appelle régulièrement à se tourner vers le centre (ici et , notamment). Façon de dire également que lui connaît *vraiment* les militants de l'UMP, contrairement à ses successeurs, comme le décrypte un copéiste auprès du Lab :

Ceux qui disent qu'il faut faire alliance avec le centre sont des gens qui ne connaissent pas le parti. Ils commettent la même erreur que François Fillon en 2012.

Alors bien sûr, Jean-François Copé va prendre le large, un peu. Il fera moins d'interviews matinales, qu'il appelait ses "tartines du matin", mais retrouvera "sa liberté de parole", comme aiment à le souligner ses plus proches. Les mêmes qui se gardent bien de dire que Jean-François Copé ne sera pas, une nouvelle fois, candidat à la présidence du parti en novembre prochain. "Jean-François Choqué" comme l'appellent même certains militants copéistes maintient en tout cas, selon les infos du Lab, l'une des pièces maîtresses de son dispositif politique: la réunion de ses proches, chaque mardi à l'Assemblée.

Car Jean-François Copé garde ses irréductibles. Michèle Tabarot notamment, la secrétaire générale du parti qui a refusé de démissionner pendant le Bureau politique, dont elle est sortie avant la fin pour ne pas avoir à voter en faveur du triumvirat. Interrogé par le Lab sur l'avenir politique de son champion, un copéiste a cette phrase enfantine: "jamais de la vie un point final". Irréductibles, vous disions-nous...

Du rab sur le Lab

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