Jean-Marc Germain invoque Barack Obama pour réclamer plus de pouvoir pour le Parlement français

Publié à 09h47, le 25 février 2015 , Modifié à 09h55, le 25 février 2015

Jean-Marc Germain invoque Barack Obama pour réclamer plus de pouvoir pour le Parlement français
Jean-Marc Germain © JOEL SAGET / AFP

GOD BLESS AMERICA - "C'est un beau débat, c'est un débat difficile qui nous torture tous, quelque part." Opposé à l'extension des possibilités d'ouverture des commerces le dimanche, le frondeur Jean-Marc Germain n'en "respecte" pas moins ceux qui y sont favorables. Simplement, il en a marre de voir le Parlement trop souvent soumis aux arbitrages du Président et de son gouvernement, un déséquilibre institutionnel récemment symbolisé par le passage en force de ces derniers sur la loi Macron.

Invité de Radio Classique mercredi 25 février, le député socialiste des Hauts-de-Seine développe l'un des thèmes de son livre paru en janvier, Tout avait si bien commencé. Journal d’un "frondeur". Il y réclame notamment plus de pouvoir pour le Parlement, alors que les institutions de la Vème République consacrent la prééminence du pouvoir exécutif sur le législatif. Il explique :

 

Dans notre démocratie, qui doit avoir le dernier mot ? Est-ce que c'est le gouvernement ou est-ce que c'est le Parlement ? Dans toutes les démocraties du monde, à l'exception de la nôtre, c'est le Parlement qui a le dernier mot. 

Et pour appuyer sa démonstration, il regarde à l'Ouest. Plus précisément vers les États-Unis, "terre des libres, foyer des braves". Et convoque Barack Obama :

 

Regardez Obama. C'est un régime présidentiel ; quand il a voulu relever le plafond de la dette, il a proposé 9 budgets avant d'en avoir accepté un et entre le premier et le dernier, il y avait 300 milliards d'écart entre les dépenses et les recettes. Est-ce qu'on dit qu'Obama est un président faible ? Non.

Alors certes, tout le monde n'est pas d'accord avec Jean-Marc Germain sur cette "faiblesse" supposée du président américain. Mais passons. Le frondeur dresse immédiatement le parallèle avec la France et le débat sur le travail dominical. La loi Macron entérine entre autres l'extension des autorisations d'ouverture à 12 dimanches par an, contre 5 à l'heure actuelle. L'élu socialiste estime que le détenteur du "dernier mot", sur ce point au moins, "aurait pu être le Parlement", sans pour autant provoquer un "affaiblissement du chef de l'État" :

 

On dit simplement que sur des questions comme ça, franchement, ça aurait pu être le Parlement, disant 'c'est 7 dimanches et pas 12', qui a le dernier mot. Ça n'aurait pas été un affaiblissement du chef de l'État. Manuel Valls a parlé d'autorité, il a raison : il y a une demande d'autorité, mais sur les questions de sécurité, sur les questions de terrorisme. Pour les questions économiques et sociales qui sont difficiles, il y a une demande de dialogue. 

Plus loin, il ajoute : "Pourquoi est-ce que c'est monsieur Macron qui devrait avoir le dernier mot ?" Proche de Martine Aubry, Jean-Marc Germain reprend donc très naturellement cette formule de celle que *certains* au plus haut sommet de l'État surnomment "Tulius Detritus".

[Bonus Track]

Pour justifier sa position sur le travail dominical, Jean-Marc Germain sort une autre référence, historique et très française celle-ci : le Front populaire. Il explique :

 

Vous savez, en 1936 quand on a fait les congés payés, on n'a pas appelé ça 'on va vous empêcher de travailler pendant les vacances', on a appelé ça du 'temps libre'. Pourquoi ? Parce quand il y a beaucoup de chômage, il ne faut pas une vraie liberté de travailler le dimanche parce que c'est les plus fragiles qui n'oseront pas refuser à leur patron d'y aller le dimanche, parce qu'ils se diront : 'Sinon, je serai le prochain sur la liste des licenciements'.

Du rab sur le Lab

PlusPlus