L’appui de Claude Bartolone aux "frondeurs" du PS avant le discours de politique générale de Manuel Valls

Publié à 12h05, le 07 avril 2014 , Modifié à 12h26, le 07 avril 2014

L’appui de Claude Bartolone aux "frondeurs" du PS avant le discours de politique générale de Manuel Valls
Claude Bartolone. © Maxppp.

Le président de l’Assemblée veut faire le lien entre la majorité parlementaire et le Premier ministre. Il ne figure pas parmi les signataires de la tribune des récalcitrants du PS à voter le pacte de responsabilité, qui veulent un "contrat de majorité", parmi lesquels plus de 80 députés, pourtant Claude Bartolone semble les soutenir et défendre les mêmes thèmes.

S’il ne dit pas clairement son soutien dans l’interview qu’il accorde au Monde, ce lundi 7 avril, les thèmes que le président de l’Assemblée nationale évoque sont similaires, tout comme ses attentes concernant le discours de politique générale que doit prononcer le nouveau Premier ministre le 8 avril devant les députés. "J'attends de Manuel Valls qu'il démontre lui aussi qu'il a perçu la puissance du message émis par les Français", prévient-il, alors que  5 représentants de cette "fronde" ont été reçus par Manuel Valls.

#EUROPE

Dans leur texte, les élus socialistes présentés comme "frondeurs" - même si Christian Paul expliquait ce lundi qu'on ne peut pas parler de "fronde" et qu’ils n’étaient pas les "révoltés du Bounty" - souhaitent que le nouveau gouvernement formé par François Hollande obtienne "une réorientation européenne mettant fin aux politiques d’austérité qui ont enfoncé l’Europe dans la récession".

Partisan de moins d’austérité au niveau européen, Claude Bartolone a plusieurs fois répété que l’objectif des 3% de déficit était intenable. "On peut vivre avec 4% de déficit, pas forcément avec 4 degrés de plus", avait formulé le député PS de Seine-Saint-Denis.

Au Monde, Claude Bartolone, qui demande un délai dans la réduction des déficits, explique que l’Europe doit être une priorité du gouvernement.

D'abord notre trajectoire budgétaire : nous ne demandons pas un sursis, nous demandons du réalisme. Il ne s'agit pas de ne pas se moderniser ou de ne pas assainir, mais les conditions de la remise en place ne doivent pas tuer l'objectif. Nous ne pouvons sacrifier la France à l'Europe libérale.

#TRANSITION ÉCOLOGIQUE

Les "frondeurs" socialistes demandent également à l’exécutif de "réaffirmer et amplifier les choix et les engagements de 2012". Et parmi eux, "rendre populaire la transition écologique". L’un des crédos de Claude Bartolone, qui en a fait l’un des thèmes centraux de ses "mardis de l’avenir" organisés régulièrement à la présidence de l’Assemblée.

Dans ce sens, celui qui envisageait Matignon, assure au Monde :

Je veux qu'il puisse avancer sur la question de la transition énergétique pour poser les jalons d'un véritable projet social-écologique.

#PARLEMENT

Autre revendication centrale des députés dits frondeurs : un meilleur dialogue entre le gouvernement et le Parlement, entre l’exécutif et le législatif. "Ce n’est plus le gouvernement décide et le Parlement exécute", déclarait le 4 avril Jean-Marc Germain, député proche de Martine Aubry et l’un des instigateurs du texte de la fronde.

Dans ce texte, était ainsi revendiqué :

La nouvelle étape doit retrouver les droits et les devoirs du Parlement. Notre majorité sera plus soudée, si elle inaugure des manières modernes de préparer les grandes décisions et de délibérer.

Réponse de Claude Bartolone, sur la même longueur d’ondes :

C'est le début d'une nouvelle manière de fonctionner avec l'Assemblée nationale, et bien entendu le pays. (…) Je souhaite que le Parlement soit au cœur de la deuxième phase du quinquennat.

Et d’ajouter, partisan de ne pas rompre le lien avec les écologistes pour les maintenir dans la majorité présidentielle au Palais Bourbon :

Il faut définir un nouveau mode de travail pour obtenir la confiance de ces élus, non seulement socialistes et radicaux, mais aussi écologistes et du Front de gauche. C'est un nouveau contrat qui doit être présenté à la majorité présidentielle, pour réinstaller la stabilité dans le pays.

#POUVOIR D’ACHAT

Enfin, les contempteurs socialistes du pacte de responsabilité souhaitent qu’en parallèle soient effectuées des "mesures en faveur des bas salaires". Ils demandent notamment "la réforme fiscale et la CSG progressive" ainsi qu’un effort "en faveur des retraites les plus modestes".

Moins concret, mais dans la même veine, Claude Bartolone souhaite lui que des "signes" soient "adressés aux plus humbles en matière d’emploi, de justice sociale ou de pouvoir d’achat".

"Aucun des députés de la majorité n'a envie d'ajouter de la crise à la crise", ajoute le grand manitou de l’Assemblée, serein quant au vote de confiance de la majorité au grand oral de Manuel Valls.

Du rab sur le Lab

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