L'attaque raciste d'un élu FN en plein conseil municipal de Nevers à propos d'une affiche de film

Publié à 15h12, le 19 novembre 2014 , Modifié à 18h42, le 19 novembre 2014

L'attaque raciste d'un élu FN en plein conseil municipal de Nevers à propos d'une affiche de film
© PHOTOPQR/LE PROGRES/REMY PERRIN

Il est le seul élu FN à siéger au conseil municipal de Nevers. Mais mardi 18 novembre, Christophe Gaillard s'est pourtant bien fait remarquer. Comme l'a relevé Le Journal du centre, l'élu frontiste a réagi à la projection de La relève c nous, documentaire sur la cité du Banlay. Ce n'est pas tant le propos du film qui a choqué le conseiller Front national mais l'affiche qui représente six garçons du quartier.

Et Christophe Gaillard l'a dit clairement :

Si on n'avait mis que des Blancs sur cette affiche, on aurait dû faire machine arrière. […]L'affiche montre des personnes de couleur noire en disant : la relève c'est nous. C'est une provocation.

Un peu plus loin, l'élu FN a renchéri, parlant de "discrimination positive".

L'affiche en question, la voici :

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Les mots de l'élu FN ont immédiatement fait régir le maire sans étiquette Denis Thuriot. "Je ne vois pas le caractère provocateur de cette affiche. Je n'y vois pas des personnes d'une couleur ou d'une autre, simplement les jeunes qui ont fait ce film", a réagi le premier édile.

Plus virulents, des élus PS et PC ont apostrophé  Christophe Gaillard, fustigeant "le caractère raciste des propos" tenus par le frontiste. L'ancien maire PS de Nevers, Florent Sainte Fare Garnot, a pour sa part estimé que les mots de l'élu FN prouvaient que le parti dirigé par Marine Le Pen reste dans la lignée du mouvement fondé par Jean-Marie Le Pen. Voici ce qu'il a déclaré, comme le rapporte Le Journal du centre :

Il ne faut pas banaliser ce qui vient d'être dit. Vous montrez que le FN n'a pas changé.

Pas de quoi faire changer d'avis Christophe Gaillard qui s'est défendu, assurant n'avoir "de leçon à recevoir de personne". "J'ai travaillé pendant des années dans ce quartier en tant que bénévole. Je dis simplement qu'on aurait pu éviter cette provocation", a-t-il ajouté.

Christophe Gaillard n'est pas le seul à l'extrême droite à s'émouvoir de cette affiche. Le 10 novembre, Fabrice Robert, président du Bloc identitaire et fervent défenseur de la "remigration" avait jugé, sur Twitter, qu'à travers cette affiche, Nevers faisait "la promotion du grand remplacement".

Le "grand remplacement" est une thèse introduite par l'écrivain d'extrême droite Renaud Camus selon laquelle les populations immigrées vont se substituer aux populations d'origine française. Une notion qui divise clairement au sein du FN.

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