La petite théorie de Manuel Valls sur le budget de la France, Angela Merkel et "le danger FN"

Publié à 12h10, le 15 octobre 2014 , Modifié à 16h46, le 17 octobre 2014

La petite théorie de Manuel Valls sur le budget de la France, Angela Merkel et "le danger FN"
Manuel Valls a une théorie basée sur Angela Merkel et le FN pour prédire le non-rejet du budget de la France par Bruxelles © MAXPPP/Christophe Petit Tesson

CQFD - Non, non et non, la France ne changera pas une seule ligne à son projet de budget pour 2015, malgré la menace d'un rejet par la Commission européenne. Officiellement, le gouvernement veut laisser les parlementaires examiner le texte, ce qu'ils ont commencé à faire mardi 14 octobre. "Le débat [avec Bruxelles] et les explications vont permettre de rapprocher les positions", assure également l’entourage de Michel Sapin, cité par Le Monde.

Mais en privé, Manuel Valls développe une théorie toute personnelle et assez éloignée de ces considérations, à en croire les propos du Premier ministre rapportés par Le Canard Enchaîné mercredi 15 octobre. Selon lui, Bruxelles ne retoquera pas le budget de la France car l'Allemagne, dont la voix porte à la Commission, s'y opposerait. Et cela, il l'explique par un raisonnement en trois temps.

# Merkel trouve les efforts de la France "impressionnants"

D'après l'hebdomadaire, le locataire de Matignon "est revenu plutôt rassuré de sa dernière rencontre avec Angela Merkel", la chancelière allemande, à Berlin fin septembre. Manuel Valls l'explique en ces mots :

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Elle trouve nos efforts impressionnants. Mais elle attend plus de nous en matière de réformes structurelles.

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Un satisfecit partiel et provisoire, donc.

# L'Allemagne est "très consciente du danger FN"

À cela s'ajoute l'analyse de Berlin sur l'équilibre du paysage politique français. Manuel Valls synthétise, toujours selon Le Canard :

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Les Allemands sont très conscients du danger FN. Ils voient bien qu'une volonté d'humilier la France bénéficierait au Front national. 

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Or, de cela il n'est pas question. D'où la conclusion du Premier ministre français.

# Pas de "clash" avec la France, et pas de rejet du budget

Considérant les deux premiers temps du raisonnement, Angela Merkel se refuserait à enclencher une confrontation avec son voisin français. Explications de Manuel Valls, encore et toujours selon le palmipède :

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Merkel sait qu'il ne peut pas y avoir de clash avec la France. La France ne se laissera pas marcher sur les pieds.

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Et pour finir, ce qui sonne comme un constat définitif de la part du chef de gouvernement de François Hollande :

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Il n'y aura pas de rejet du budget par la Commission, peut-être simplement un avis.

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Plus concrètement, le débat sur le budget au parlement français promet d'être agité, entre les demandes des "frondeurs" du PS en termes de mesures plus favorables aux ménages, d'une part, et les exigences de Bruxelles sur les efforts à accentuer pour réduire les déficits, d'autre part.

Du rab sur le Lab

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