Les Verts s'affrontent à coup de tribunes en marge de leurs Journées d'été

Publié à 13h03, le 22 août 2014 , Modifié à 13h13, le 22 août 2014

Les Verts s'affrontent à coup de tribunes en marge de leurs Journées d'été
© Reuters / MaxPPP / Captures d'écran Libération

SAUVONS LES ARBRES - Chez les verts, on parle écologie mais on se tatane à coup de papier. En deux jours, en marge des Journées d’été d’Europe Écologie – Les Verts à Bordeaux, certains courants du parti – pas tous quand même – se sont affrontés par tribunes interposées. De quoi illustrer les mots d’Emmanuelle Cosse, secrétaire générale du parti qui décrivait ELLV ce vendredi 22 août sur RFI comme "une famille qui a des points de vue différents sur des questions stratégiques".

Cela a débuté jeudi 21 août, par un texte publié dans Libérationet signé Elise Lowy, Sergio Coronado, Karima Delli, Julien Bayou et Jacques Boutault, qu’on classera schématiquement à la gauche du parti. Eux ne sont pas contents des clins d’œil envoyés par certains de leurs collègues écolos vers les centristes.

Dans leur tribune intitulée Soldes d’été : l’écologie politique au rabais ?, ils dénoncent, en les nommant, le positionnement de Jean-Vincent Placé, Jean Desessard et François de Rugy. Mais ce n’est pas pour autant qu’ils réclament un rapprochement avec la gauche de la gauche. Non non, ces écolos-là veulent l’indépendance. Voici ce qu’ils écrivent :

Les forces vives de l’écologie politique à l’intérieur ou en dehors d’EELV doivent se regrouper pour proposer une alternative cohérente à cette stratégie de division. L’appartenance à la majorité n’est en rien l’alpha et l’oméga de notre identité politique. […] Et si le dialogue et les convergences sont nécessaires, nous n’avons pas plus à suivre les 'frondeurs' socialistes qu’à jouer aux porteurs de valises d’un Front de gauche divisé et encore trop englué dans une vision politique républicaniste inadaptée aux grands enjeux écologiques transfrontaliers.

La bataille des tribunes s’est poursuivie lors du premier jour des Journées d’été d’EELV. Sur place, les militants ont pu découvrir un texte signé par de nombreux Verts, dont Denis Baupin, François de Rugy, Jean-Vincent Placé et beaucoup beaucoup d’autres, connus pour être plutôt favorables à une participation au gouvernement.

Dans ce texte, titré Utiles ! Redonner l'Espoir Par une Ecologie Responsable et Solidaire (REPERES), ils critiquent la décision de Cécile Duflot et Pascal Canfin, "dans la précipitation, de quitter le gouvernement lors du remaniement ministériel".

Avec lot d’images, ils précisent :

C’est cette fuite devant les responsabilités, ce syndrome de Peter Pan (refus de grandir et d'affronter le réel) qui entrave les écologistes. Il convient au contraire d'appliquer le principe d’éthique de la responsabilité et, comme nous y invite la légende du colibri, de prendre notre part dans la reconstruction de notre démocratie.  

Et vendredi 22 août, c’est au tour d’Eva Joly et de Julien Bayou d’écrire une tribune publiée – là aussi - dans Libération. Eux deux veulent tracer un "autre chemin pour 2017", une route différente de celle du PS. Ils lancent une proposition : l’organisation pour la prochaine présidentielle d’une "primaire de l’autre gauche".

L’ancienne candidate à l’élection présidentielle et le porte-parole du parti tendent la main aux "amis" du Front de gauche et aux frondeurs, "des Lienneman, Germain, Guedj, Amirshahi, Cherki, Maurel, Romagnan dont les options politiques retiennent notre attention". Ils ajoutent :  

Si nous organisions cette primaire du progrès écologique et social, les électeurs et les électrices auraient donc le choix entre reconduire le président sortant, ou demander un changement de politique à gauche. […] Organisons la primaire de l’espoir pour faire naître une autre dynamique. Qui nous dit que Christiane Taubira ou Arnaud Montebourg n’en serait pas ?

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