Marine Le Pen propose à Bernard Cazeneuve de débattre avec elle sur la suspension de Schengen

Publié à 09h28, le 09 octobre 2014 , Modifié à 09h31, le 09 octobre 2014

Marine Le Pen propose à Bernard Cazeneuve de débattre avec elle sur la suspension de Schengen
Marine Le Pen et Bernard Cazeneuve © Montage via Reuters

INVITATION - Marine Le Pen n'en démord pas : il faut suspendre Schengen. Lundi 6 octobre, la présidente du Front national a une nouvelle fois formulé sa demande "pour parer au retour des djihadistes partis combattre au Moyen-Orient sur le territoire national". Rebelote ce jeudi 9 octobre sur RTL. L'ancienne candidate à l'élection présidentielle explique qu'il faut "mettre en place la clause qui permet de suspendre en cas de danger immédiat Schengen".

Au ministère de l'Intérieur, on n'est pas vraiment d'accord avec les arguments avancés par Marine Le Pen. Lundi 6 octobre, Bernard Cazeneuve a répondu sèchement à la demande de la présidente du FN :

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Ce qu'il faut suspendre d'urgence, c'est la démagogie de Marine Le Pen et son inconséquence. […]La mise en œuvre de cette proposition reviendrait à rendre la France aveugle et paralysée face au risque terroriste en Europe.

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La balle étant, après cette réponse, dans le camp de la frontiste, elle répond au ministre de l'Intérieur. Mieux, ce jeudi 9 octobre sur RTL, elle lui propose de venir débattre avec elle sur le sujet :

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Je n'ai strictement rien compris à ce qu'il a voulu dire. Je lui demande donc un débat pour qu'il vienne nous expliquer les raisons pour lesquelles la suspension de Schengen pourrait être un inconvénient car il m’apparaît que maîtriser les frontières, au moment où précisément il nous faut suivre et protéger les Français des djihadistes, est la solution urgente à mettre en œuvre.

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Lundi 6 octobre, Bernard Cazeneuve a signifié que la suspension de Schengen "signifierait concrètement l'impossibilité pour chaque pays de l'Union européenne d'établir la traçabilité du parcours emprunté par les djihadistes de retour de Syrie ou d'Irak". Il a notamment fait référence aux difficultés que cela entraînerait concernant la mise en œuvre du "dispositif de connexion des fichiers de passagers empruntant des aéroports de l'Union européenne (PNR), l'outil qui a manqué récemment pour l'arrestation d'un certain nombre de djihadistes européens".

Pour le ministre de l'Intérieur, la proposition de Marine Le Pen traduit "soit une méconnaissance totale de Schengen et de la réalité de la menace terroriste, soit une volonté de tromper les Français par la démagogie".

Bref, on ne sait pas si Bernard Cazeneuve répondra favorablement à l'invitation de Marine Le Pen. Ce qu'on peut prédire en revanche, c'est que s'il le fait, ça risque de chauffer.

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