Piscine Molitor : Jack Lang regrette "la destruction de l’esprit Molitor" et dénonce "la mercantilisation des lieux"

Publié à 15h21, le 19 mai 2014 , Modifié à 15h21, le 19 mai 2014

Piscine Molitor : Jack Lang regrette "la destruction de l’esprit Molitor" et dénonce "la mercantilisation des lieux"
Jack Lang. © Reuters.

C’est une piscine emblématique et historique qui rouvre ses portes à Paris : la piscine Molitor. Mais la réouverture, sous le sceau d’un groupement privé composé de Bouygues, Colony Capital et Accor, ne fait pas que des heureux.

Artisan de son classement, en 1990, à l’inventaire du patrimoine et des monuments historiques, Jack Lang n’apprécie que très modérément la manière dont ressuscite cette piscine du 16e arrondissement de Paris. L’ancien ministre de la Culture regrette "la destruction de l’esprit Molitor", explique-t-il à l’AFP.

Je ne suis pas contre l'appel à des capitaux privés, (...) mais les lieux doivent être ouverts à un large public.

Dans son viseur, le prix d’entrée *très* élevé de la piscine, destiné à "accueillir des nageurs VIP triés sur le volet", dixit Le Figaro, alors que les conditions d’accès y seront drastiques. Seuls les clients de l'hôtel, cinq étoiles, et les membres d'un club limité à 1.000 membres ont accès à la piscine. Le droit d'entrée du club s'élève à 1.200 euros et l'adhésion annuelle à 3.300 euros.

Celui qui préside désormais l’Institut du Monde arabe se dit ainsi "choqué" par la transformation de la piscine en complexe de luxe. Et dénonce "une mercantilisation du lieu".

Candidat FN à la mairie de Paris en mars, Wallerand de Saint-Just n’est pas loin de rejoindre Jack Lang, dénonçant une piscine seulement accessible à une "nomenklatura".

A l’inverse, Claude Goasguen, député et maire UMP du 16e arrondissement, s’est mis en scène avec le PDG du groupe Accor, Sébastien Bazin, lors de la "pré-inauguration" :

La piscine, ouverte en 1929, a fermé en 1989, puis a été squattée et livrée à des tagueurs. En 2007, la mairie de Paris avait lancé un appel à projets, remporté par le groupement Bouygues, Colony capital et Accor. Les travaux, réalisés en deux ans et demi, ont coûté 80 millions d'euros. Colony capital détient le bénéfice de Molitor pendant 54 ans, dans le cadre d'un bail emphytéotique tandis que la mairie de Paris reste propriétaire du terrain.

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