Rachida Dati estime que, contrairement à Christiane Taubira, elle ne s'est pas posée en "victime" des attaques racistes

Publié à 17h22, le 13 mars 2015 , Modifié à 17h52, le 13 mars 2015

Rachida Dati estime que, contrairement à Christiane Taubira, elle ne s'est pas posée en "victime" des attaques racistes
Rachida Dati © LIONEL BONAVENTURE / AFP

Après Malek Boutih, Rachida Dati considère, elle aussi, que Christiane Taubira a trop tendance à se poser en victime. Invitée de BFM-TV, vendredi 13 mars,  la maire du 7ème arrondissement de Paris a estimé que l'on ne voyait pas beaucoup la garde des Sceaux sur les plateaux de télévision, sauf quand il s'agissait de venir se plaindre des attaques dont elle était la cible (voir ici et ici). Comparant son passage au ministère de la Justice (2007-2009) à celui de Christiane Taubira, elle a déclaré:

 

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J'ai été garde des Sceaux et quand il y avait des débats parlementaires, j'ai été prise à partie par certains députés socialistes dans l'enceinte du parlement. Manuel Valls était parfois présent. Est-ce qu'il a levé le petit doigt? Est-ce qu'il a fait des crises d'hystérie ? Jamais. Moi j'ai considéré que ça faisait partie de la vie politique, de la vie publique. Donc, on n'a pas besoin de se victimiser quand on est à ce niveau-là de responsabilités. 

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Et de poursuivre sur la ministre de la Justice :

 

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Je ne l'ai pas entendue parler de la politique pénale à mettre en œuvre contre la délinquance en France, je ne la vois pas beaucoup sur les plateaux pour parler de ça, mais quand il s'agit de venir sur les plateaux pour dire "oh mon Dieu, je suis attaquée de partout", on la voit beaucoup sur les plateaux.  Moi je trouve que si c'est trop lourd, si c'est trop dur, il faut démissionner, il ne faut pas rester. On ne nous force pas à être ministre.

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Voir la vidéo:



Rachida Dati a pourtant, comme la garde des Sceaux, elle aussi été la cible d'attaques racistes. En novembre 2013, la députée européenne s’était ainsi publiquement indignée, sur LCP, d’une phrase prêtée à Geoffroy Didier dans le livre de la journaliste de Paris Match Elisabeth Chavelet, Rachida Dati ne meurt jamais. Le chef de file de la Droite forte s’y voyait affirmer que "cette jeune fille (Rachida Dati) aurait dû voler des mobylettes dans la banlieue de Chalon (ndlr, sa ville d’origine)". Des propos finalement démentis par le conseiller général d’Île-de-France.

Sur LCP, l’élue UMP avait alors vivement réagi dénonçant le "racisme" de Geoffroy Didier, ainsi que celui de Brice Hortefeux, faisant allusion aux propos de l'ancien ministre de l'Immigration et de l'Identité nationale sur les "Auvergnats". Des propos qui lui avaient valu une condamnation pour injure publique avant d'être relaxé en appel. Elle avait déclaré :

 

 

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Geoffroy Didier, vous savez qui l'a créé ? C'est Brice Hortefeux. Donc ces réflexions ne m'étonnent pas, il a eu plusieurs dérapages.

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Avant d’ajouter, revenant sur la phrase attribuée à Geoffroy Didier:

 

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Mon avis sur cette phrase, qui n’est pas un dérapage, qui n’est pas anodine, c’est du racisme. C’est une infraction pénale. Donc moi ça ne me fait pas rire. Donc M. Didier ou M. Hortefeux, ça ne me fait pas rire leurs réflexions qui ne sont pas des réflexions, qui ne sont pas des dérapages, qui sont des infractions. Dès lors qu’on laisse faire, ça veut dire qu’on banalise. Donc la banalisation ne vient pas des Français, elle vient de cette élite politique qui ne supporte pas que certains ou certaines puissent accéder à des responsabilités.

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Voir la vidéo de son passage sur LCP, le 26 novembre 2013:


Rachida Dati : "Ce qu'a dit Geoffroy Didier c...par LCP

Cible d’attaques répétées de la droite, Christiane Taubira avait déclaré mercredi 11 mars, sur RTL, que si elle était touchée par ses critiques, elle ne le montrerait pas. Elle avait expliqué que si "elle pleurait, elle pleurait dans sa chambre".

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