François Fillon, ses troupes et Jean-Pierre Raffarin tiennent un bureau politique informel dans un café du 7e arrondissement

Publié à 10h02, le 03 juin 2014 , Modifié à 12h18, le 03 juin 2014

François Fillon, ses troupes et Jean-Pierre Raffarin tiennent un bureau politique informel dans un café du 7e arrondissement
© Maxppp.

CAFÉ CROISSANTS ET STRATÉGIE - Café de l'Esplanade, the place to be, but not to be seen. Dans ce restaurant chic du 7e arrondissement, une bonne partie des cadres de l'UMP se sont retrouvés ce 3 juin au matin, afin de discuter de l'avenir de leur parti. Une sorte de contre bureau politique informel, après l'annulation de la réunion, repoussée au 10 juin prochain. Des fillonistes pour la plupart, ainsi que Jean-Pierre Raffarin, réunis "par hasard", selon l'un des participants.

François Fillon et Jean-Pierre Raffarin, donc, réunis autour d'un petit déjeuner. Mais aussi Valérie Pécresse et Bernard Debré, à quelques mètres de là. Eric Ciotti, lui, discutait avec un ancien patron de presse. Christian Estrosi, accompagnée de sa responsable presse, a passé de longues minutes avec un journaliste d'un hebdomadaire. Xavier Bertrand était également présent, sans qu'on sache avec qui il avait choisi de partager son café dans ce lieu situé à quelques mètres de l'Assemblée nationale. Le Lab était sur place et a observé les échanges.

François Fillon et Jean-Pierre Raffarin se font face. Le premier se trouve côté rue, l'autre côté restaurant. Les deux discutent une heure environ de la stratégie à adopter pour arriver à imposer leur triumvirat à la tête de l'UMP, et de trouver la réplique adéquate aux contestataires, qui demandent le strict respect des statuts. A sa sortie du restaurant, Jean-Pierre Raffarin confirme au Lab l'objectif de cette réunion :

On a trouvé une solution politique la semaine dernière. Il faut maintenant trouver une solution juridique. Je suis sûr que Luc Chatel va collaborer avec nous.

Luc Chatel, vice-président délégué du parti, est celui qui, si l'on s'en tient aux statuts, devrait récupérer la présidence du parti après la démission de Jean-François Copé. Certains Copéistes du parti comptent sur l'ancien ministre de l'Education nationale pour réclamer le poste lors du prochain Bureau politique et ainsi bloquer l'installation du triumvirat. Mais un filloniste, interrogé par le Lab, assure que l'ancien ministre de l'Education nationale est trop proche de Jean-François Copé pour apaiser le parti: "Chatel président, ça va tout faire pêter à l'UMP."

François Fillon, plus secret, partira sans rien dire au Lab. Mais certains de ses proches sont plus diserts. Sur la question Sarkozy, notamment. Un d'entre eux assure au Lab que la contestation du trio de tête serait pilotée par l'ancien Président lui-même :

Qui est monté au créneau pour défendre les statuts ? Nadine Morano et Claude Guéant ! Tous les deux font partie des rares proches de Sarkozy restant.



Sarkozy a dit il y a 15 jours à des industriels à déjeuner qu'il reviendrait dans un autre parti que l'UMP. Il n'a pas envie d'être président de l'UMP donc il fait tout pour que ça explose. 

Un autre impétrant ne croit pas vraiment à l'hypothèse d'un retour de Nicolas Sarkozy aux affaires dès octobre prochain, lors du congrès de l'UMP :

Je ne vois pas comment il peut revenir. S'il est président de l'UMP, il devra gérer toutes les affaires, et se retrouvera au centre de l'attention médiatique et judiciaire. 

Au milieu de ce conciliabule, la présence d'un autre politique fait rire au café de l'Esplanade. Celle de Pierre Moscovici, ancien ministre socialiste de l'Economie. L'histoire ne dit pas s'il a donné son avis sur la crise interne au parti d'opposition.

Du rab sur le Lab

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