UMP et FN s’insurgent contre l’utilisation du mot "apartheid" par Manuel Valls

Publié à 07h34, le 21 janvier 2015 , Modifié à 09h33, le 21 janvier 2015

UMP et FN s’insurgent contre l’utilisation du mot "apartheid" par Manuel Valls
© LIONEL BONAVENTURE / AFP

Dix ans que Manuel Valls a intégré dans son discours sur la société française le terme "d’apartheid". Un vocable remis au goût du jour par le Premier ministre, le 20 janvier, lors de ses vœux à la presse pour qualifier la fracture "territoriale, sociale et ethnique" qui touche la France.

Une rhétorique critiquée aussitôt par l’opposition. "Excessif", a pesté le député UMP Philippe Gosselin sur BFM TV. "Je pense que les mots ont un sens, la France aujourd’hui ne connait pas l’apartheid que pratiquait les dirigeants de l’Afrique du sud", a renchérit sur la même antenne Guillaume Larrivé.

Pour le numéro 3 de l’UMP, Laurent Wauquiez, Manuel Valls cherche à "culpabiliser les Français" :

Elu UMP de Paris, Pierre Lellouche non plus n’a pas apprécié la comparaison contenue dans le terme "apartheid" entre la France de 2015 et l’Afrique du sud ségrégationniste.

"Il n’y a pas de ségrégationnisme en France. Il y a des problèmes d’inégalité et de discrimination", a répondu la numéro 2 de Nicolas Sarkozy à l’UMP, Nathalie Kosciusko-Morizet, citée par le Parisien de ce mercredi 21 janvier. Un mot "très fort" que ne "partage pas" non plus Alain Juppé.

Invité d'iTÉLÉ mercredi 21 janvier, François Baroin a lui aussi regretté l'emploi de cette expression. Il a dit : 

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Je n'aime pas l'expression et je n'aime pas l'utilisation de cette expression. Je pense que quand on manie un symbole aussi fort, c'est-à-dire d'un État qui organise une ségrégation selon les couleurs et qui a orchestré le partage des pouvoirs en faveur des Blancs, et puis la disparition de cette misère pour les Blancs et l'apparition et l'accablement de cette misère pour les Noirs, on donne de la force à ce symbole. 

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Le président de l'association des maires de France préfère quant à lui "plutôt parler de la réalité de ce qu'il se passe dans nos quartiers, des difficultés de faire appliquer l'État de droit dans toute une série de secteurs, mais pas d'apartheid".  

Enfin, à l’extrême droite, le vice-président du FN Florian Philippot dénonce lui une "insulte à la France". Et assure que si Manuel Valls voulait "mettre de l’huile sur le feu, il ne s’y prendrait pas autrement".

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