Un premier meeting anti-Bygmalion pour Nicolas Sarkozy en vue de la présidence de l'UMP

Publié à 06h45, le 26 septembre 2014 , Modifié à 10h01, le 26 septembre 2014

Un premier meeting anti-Bygmalion pour Nicolas Sarkozy en vue de la présidence de l'UMP
Nicolas Sarkozy pour son premier meeting le 25 septembre. © Reuters / Pascal Rossignol.

SARKOZY ET PUIS C'EST TOUT - Finies les trompettes, finie la gonflette. L'UMP n'a pas d'argent, et la mode n'est plus aux meetings à l'américaine que Nicolas Sarkozy appréciait tant. C'est un meeting "anti-Bygmalion" que le candidat à la présidence de l'UMP a tenu hier. Reportage.

16h16, 16h46, 17h16, quel train prendra-t-il ? C'est la question qui agite les journalistes, ce jeudi 25 septembre, avant de prendre la direction de Lille eux aussi, pour le premier meeting du candidat à la présidence de l'UMP. Prêts à en découdre et à affronter la meute, les journalistes attendent le retour de celui qu'ils considèrent toujours comme une bête politique et médiatique. Plusieurs équipes de télévisions sont mobilisées: on leur promet "un son" (une déclaration) avant d'entrer dans le train. Finalement, il n'en sera rien. Toute l'équipe arrive par l'entrée principale sauf un, Nicolas Sarkozy lui-même. Pas de son, pas d'image: c'est par un passage dérobé que l'ancien président est passé, afin d'éviter la presse.

Pas d'arrivée fracassante en gare, pas plus que dans ce gymnase de Lambersart où plus de 4.000 personnes s'étaient réunies pour l'écouter., à l'intérieur et à l'extérieur. En 2012, Nicolas Sarkozy faisait des entrées triomphales en meeting, musique hurlante, et n'hésitait pas à faire durer le plaisir plus que de raison en gagnant la scène. Hier soir, pas une seule note de musique, et une ambiance un peu étrange. Pas de chauffeur de salle survolté, seulement des militants qui l'accueillent sur l'air du "Nicolas président", et un ancien président qui prend rapidement la parole... pour évoquer l'assassinat d'Hervé Gourdel, otage français en Algérie.

C'est sur une minute de silence que commencera ce meeting. On a connu des rassemblements plus festifs, mais les circonstances sont ce qu'elles sont. Telle est la volonté de Nicolas Sarkozy et de ses équipes: de la sobriété. Comme l'expliquait l'équipe de l'ancien président à Mediapart, c'est une campagne low-cost qui vient d'être inaugurée: "sobre, modeste et transparente", selon les mots de son directeur Frédéric Péchenard. En salle de presse, quelques paquets de biscuits de marque distributeur sont proposés, deux ou trois jus de fruits, rien de plus. C'est le premier meeting anti-Bygmalion que Nicolas Sarkozy vient de tenir, et cela continuera ainsi deux fois par semaine jusqu'au congrès.

Installé dans le train du retour, Nicolas Sarkozy est salué par trois journalistes. Il ne parlera ni de sa campagne, ni même de politique. Il préférera s'étendre sur ce journaliste à Libération, Gilles Bresson, dont il salue la mémoire. Nicolas Sarkozy regrette le temps où politiques et journalistes avaient encore le temps d'échanger longuement, "humainement". Avec les "jeunes" du métier, ce n'est plus pareil, tout va plus vite. A peine Nicolas Sarkozy a-t-il eu le temps de déplorer le jeunisme des médias, à peine son équipe a-t-elle prié ceux-ci de quitter le wagon qu'arrivent d'autres journalistes à l'âge plus avancé: Michèle Cotta et Christine Clerc. Celles-ci resteront plus longuement dans le wagon.

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