Après avoir jeté l'éponge, Rachida Dati critique les primaires de l'UMP pour Paris et son "vote censitaire"

Publié à 09h06, le 24 avril 2013 , Modifié à 09h14, le 24 avril 2013

Après avoir jeté l'éponge, Rachida Dati critique les primaires de l'UMP pour Paris et son "vote censitaire"
Rachida Dati, en novembre 2012, sur RTL (capture d'écran)

FUSEE A DEUX ETAGES - D'abord, une interview à un magazine de presse écrite policée, où les coups restent discrets. Ensuite, un passage radio, où elle se lâche. Pour annoncer le retrait de sa candidature à la primaire parisienne de l'UMP, Rachida Dati a procédé en deux temps.

Première étape: une interview toute en retenue au Point, mardi 23 avril.

Deuxième étape: l'actuelle maire du 7è arrondissement de Paris se lâche totalement contre son camp, ce mercredi 24 avril, sur RTL.

C'est d'abord le principe même des primaires, ainsi que les modalités de leur organisation, qui provoque son ironie:

Savoir qui va être calife à la place du calife, ça n'a aucun intérêt [...]

Pour un grand moment de démocratie, on rétablit le vote censitaire !

On fait payer trois ou quatre euros les parisiens pour voter.

Je ne crois pas que ça va entraîner une mobilisation.

Et d'insister lourdement sur le bide prévisible de ce scrutin:

Démarrer une campagne municipale averc un déficit de participation à la primaire, c'est pas le meilleur signe qu'on puisse donner !

Place ensuite aux journalistes qui, promet-elle, ont déjà choisi NKM. La preuve, certains lui ont dit, explique Rachida Dati:

Quand je mets en cause les médias ou le système ... il ne vous aura pas observé quand même que depuis quelques semaines, les médias ont choisi Nathalie, sans même la moindre présentation d'un projet.

Ils sont absolument pas intéressés au mien, ni à mes idées.

Et d'ailleurs, certains journalistes, que je pourrais nommer, me l'ont dit sans aucune gêne [rires dans le studio]: "on a choisi Nathalie".

Relancé sur les éventuels noms qu'elle pourrait nommer, elle lance: "Oui [je pourrai en donner] parce que ils s'en cachent pas", avant de changer de sujet.

Les meilleurs flèches, c'est toutefois à son ancienne adversaire que Rachida Dati les destine.

Ainsi, de NKM, elle assure qu'elle a, pour se présenter à Paris, trahi les électeurs de Longjumeau.

Oh, bien sûr, Rachida Dati ne le dit pas *si* directement. Mais c'est tout comme.

Jugez plutôt.

Quand Jean-Michel Aphatie lui demande si NKM doit d'ores et déjà s'engager à ne pas s'engager dans une primaire pour la présidentielle 2017, elle lance:

Si elle est élue, elle va quand même pas laisser ses électeurs une deuxième fois, quand même ?!

Enfin, je pense que c'est pas ce qu'elle souhaite ...

Un éclat de rire du journaliste, puis un "Non, mais c'est pas drôle" de Dati plus tard, la maire du 7è dément enfin avoir, d'une quelconque manière, suivi les conseils de Nicolas Sarkozy en se retirant de la primaire.

Enfin, à sa manière:

Non, il m'a pas demandé de me retirer. Lui, il n'a pas jamais trouvé que c'était une bonne idée, cette histoire de primaire.
Il l'a dit à Nathalie, comme il me l'a dit.

Voici la vidéo de cette interview:

Dans Le JDD, le 6 avril, posant dans son bureau de la mairie du 7è arrondissement devant un tricycle de sa fille, Rachida Dati assurait:

Avec Nathalie, nous avons toujours été proches, nous ne sommes pas rivales, dans aucun domaine.

Et elle est assez intelligente pour savoir que nous n’avons aucun intérêt à des attaques frontales [...]

Nous nous parlons et nous ne sommes pas dans l’agressivité.

Du rab sur le Lab

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