Aurélie Filippetti qualifie le maire FN d’Hayange, Fabien Engelmann, "d’apprenti fasciste"

Publié à 10h27, le 16 octobre 2016 , Modifié à 10h27, le 16 octobre 2016

Aurélie Filippetti qualifie le maire FN d’Hayange, Fabien Engelmann, "d’apprenti fasciste"
Aurélie Filippetti et Fabien Engelmann. © Montage le Lab via AFP.

Grosse passe d’armes, ce samedi 15 octobre, entre Aurélie Filippetti, députée PS de Moselle, et Fabien Engelmann, le maire FN de Hayange. Entre invectives et lettres ouvertes, les deux élus se sont affrontés notamment à cause de la volonté de l’édile d’extrême droite de virer le Secours populaire de son local occupé à titre gratuit à Hayange avant le 1er octobre.

Retour sur une passe d’armes en quatre étapes :

#1. Filippetti se rend à Hayange

En milieu de semaine, l’ancienne ministre de la Culture de François Hollande est "en tournée" en Moselle, sa région d’élection, avec Arnaud Montebourg, qu’elle soutient pour la primaire du PS. Le couple se rend ainsi à Hayange pour visiter "British steel". L’occasion aussi d’évoquer les manœuvres du maire FN contre le Secours populaire.

#2. Premières attaques perso

Le 14 octobre, Fabien Engelmann s’attaque, sur Facebook, à la socialiste, "en visite à Hayange pour défendre la candidature de son compagnon Arnaud Montebourg". "La gauche caviar moralisatrice adore donner des leçons de morale à la France entière", écrit-il avant de ressortir des vieux dossiers et notamment une photo d’Aurélie Filippetti, alors ministre de la Culture, au Festival de Cannes. Il l’accuse alors d’être "habituée au luxe et proche des nantis". "Utiliser un scoop médiatique au Secours Populaire de Hayange en pleine campagne électorale pour faire l’éloge de l’humanitaire et de la défense des plus démunis", conclut le maire frontiste.

#3. "Apprenti fasciste"

Samedi 15 octobre, également sur Facebook, Aurélie Filippetti se fend d’une longue lettre ouverte pour donner la réplique à Fabien Engelmann, qu’elle qualifie dans ce texte "d’apprenti fasciste" :

 

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Monsieur Engelmann, vous n’êtes qu’un apprenti fasciste. Mais vous faites du mal.

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"Je ne suis pas étonnée par la bassesse de vos attaques : elles sont à l’image de votre politique", avait-elle débuté son texte avant de défendre le Secours populaire et de dénoncer la politique menée par le premier édile FN d’Hayange :

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Je ne suis pas étonnée que vous ne répondiez rien sur le fond : mis en cause pour vouloir jeter dehors une association caritative, vous êtes indéfendable. (…) Que ce soit moi aujourd’hui parce que j’ai eu l’audace de venir à Hayange simplement soutenir le Secours Populaire ou que ce soient les représentants syndicaux, les élus d’opposition, les associations locales, et même vos anciens colistiers, vous diffamez en permanence ; vous ne vous faites remarquer que par votre haine. (…) Vous vous attaquez à une association qui aide depuis 30 ans les gens démunis à Hayange.

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Sur la photo diffusée par Fabien Engelmann de sa présence à Cannes, Aurélie Filippetti réplique aussi :

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Vous parlez de moi et de ma vie, vous brandissez des photos du Festival de Cannes - sans doute regrettez-vous de ne pouvoir jamais y être invité - mais je suis fière d’avoir été ministre de la Culture en venant d’une famille d’immigrés italiens, mineurs et syndicalistes.

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Aurélie Filippetti finit par l’accuser d’être "un multi-récidiviste" et évoque le "rejet de (ses) comptes de campagne". Elle ajoute : "vous êtes un condamné au pénal par la justice pour diffamation envers un syndicaliste et pour dénonciation calomnieuse du mari de votre ancienne adjointe".

#4. La réplique à la réplique

Fabien Engelmann ne voulait pas laisser le dernier mot à l’élue PS. Alors il a répliqué à la réplique. Toujours sur Facebook. Dans un nouveau long texte, l’élu FN justifie ses décisions quant au Secours populaire – "Le Secours Populaire Français n’est pas mis en cause, seule la direction de sa section locale est visée pour une prise de position récurrente contre la municipalité parce qu’elle est Front National" :

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Combien de temps une municipalité de gauche aurait-elle toléré qu’une association subventionnée proche de la droite ou du FN puisse la déconsidérer par ses propos et ses interventions dans la presse ?

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Il rigole également de l’accusation "d’apprenti fasciste" :

 

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Voici les termes péjoratifs tenus à mon encontre dans cette affaire : mesure scélérate, manifestation de haine, situation odieuse, fait régner la terreur, fasciste et votre formule en doux euphémisme, apprenti fasciste.

"

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