Aurélie Filippetti réclame 50.000 euros à Voici

Publié à 11h25, le 25 janvier 2013 , Modifié à 18h30, le 25 janvier 2013

Aurélie Filippetti réclame 50.000 euros à Voici
Aurélie Filippetti, le 17 janvier 2013. (MaxPPP)

PEOPOLITIQUE – Publier des photographies de la ministre de la Culture et de la communication en vacances à plusieurs milliers de kilomètres de Paris, clichés qui ont contraint l’Elysée à concéder qu’il s’agissait là d’une "exception"à des consignes de proximité, relève-t-il du droit à l’information, ou d’une atteinte à la vie privée ?

Aurélie Filippetti a tranché : ainsi qu'elle en avait évoqué la possibilité, vendredi 11 janvier, sur le plateau de BFMTV, elle a engagé une action en justice contre Voici, et plus précisément contre son site internet, lui réclamant une réparation qui "ne saurait être inférieure à [… ] 50.000 euros", selon les informations du Lab, pour "atteinte à la vie privée et au droit à l’image".

L’avocat de la ministre assure que la publication par le site internet de l’hebdomadaire, ne saurait constituer un élément d’information relevant de la "vie officielle" de la ministre - qui aurait été couvert par l’article 10 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme :

A l’évidence, la publication des photographies de vacances de Madame Aurélie Filippetti ne relèvent (sic) pas de l’information légitime du public sur un sujet d’intérêt général mais a pour seul objet de satisfaire la curiosité d’un certain public sur les détails de la vie privée de la requérante. 

L’avocat de la ministre assure que la publication de ces photos par Voici a, ensuite, entraîné des "reprises par l’ensemble de la presse nationale [dans] la presse papier mais aussi et surtout sur le web et sur le réseau Twitter".

Quelques heures après la publication de ces photos sur le site de Voici, Aurélie Filippetti avait expliqué au Lab ce voyage :

Ce voyage m'a été offert par mon compagnon.

Dès que j'ai connu la teneur de ce cadeau, j'en ai averti le président de la République, qui m'a autorisée à partir.

Je considérais que ce séjour relevait de la vie privée.

L’Elysée, de son côté, avait bien confirmé au Lab qu’il s’agissait là d’une "exception" accordée par le chef de l’Etat :

François Hollande a autorisé Aurélie Filippetti à partir si loin à titre exceptionnel, pour des raisons privées.

La ministre de la Culture n'est pas, dans son ministère, dans un rythme d'urgence quotidienne, à l'inverse du ministre de l'Intérieur, par exemple.

La ministre de la Culture et de la communication avait par la suite relativisé ces consignes.

Reconnaissant l'authenticité de l'injonction présidentielle du : "Je ne vous souhaite pas de bonnes vacances, puisque vous n'êtes pas censés en prendre", Aurélie Filippetti expliquait :

C'était une forme de boutade, parce que lui nous a demandé d'être vigilants [...].

Lui n'a pas pris [de vacances], le ministre de l'Intérieur n'en n'a pas prises, il y a un certain nombre de ministres qui n'en n'ont pas prises.

Nous avions comme consigne [...] de suivre nos dossiers, de rester vigilants, de rester disponibles, de rester joignables en permanence.

Et évidemment, après les six premiers mois très intenses que nous avons eu au gouvernement, oui, moi, j'avais besoin de prendre une semaine de vacances.

Un autre ministre avait pris des vacances loin de la France. Comme le révélait le Lab, Laurent Fabius s'était accordé "quelques jours de repos" de à Zanzibar, en dépit des recommandations de François Hollande.

Edit, 18h20 : 

D'après les informations du Figaro, Aurélie Filippetti assigne également Closer, et réclame, au total, 100.000 euros de dommages et intérêts. 

Du rab sur le Lab

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