Bruno Julliard (PS) : "Je me passerai sans problème de la politique"

Publié à 15h39, le 31 juillet 2012 , Modifié à 10h54, le 01 août 2012

Bruno Julliard (PS) : "Je me passerai sans problème de la politique"
Bruno Julliard, le 19 octobre 2011. (Maxppp)

Le Lab a démarré le 30 juillet une série sur les jeunes politiques à suivre dans les prochaines années, à l’UMP et au PS. Après Olivier Dussopt, c’est Bruno Julliard que Le Lab a interviewé du côté du PS.

A 31 ans, l’ancien président de l’UNEF, en première ligne lors de la contestation du CPE de Dominique de Villepin, est devenu adjoint au maire de Paris chargé à la Culture et conseiller de Vincent Peillon, ministre de l’Education nationale. Pourtant, il se passerait "sans problème de la politique".

Dans une dizaine d’années, Bruno Julliard se verrait bien en avocat ou…. tenir une brasserie.

A lire aussi, le précédent volet de la série : 

> Olivier Dussopt (PS) : "Derrière la situation familiale, il y a une situation sociale"

  1. "Je n’ai pas encore subi d’échecs mais ça pourrait arriver"

    • Quel est votre parcours ?

    J’ai eu mon bac en 1999 en Haute-Loire, là où j’ai passé mon enfance avec ma famille. J’ai ensuite fait des études de droit public à l’université Lumière Lyon 2. J’étais inscrit dans le MJS (mouvement des jeunes socialistes), mais j’ai préféré m’engager en 2000 à l’UNEF-ID (Union nationale des étudiants de France - Indépendante et démocratique), car je trouvais que le MJS manquait d’enthousiasme. Il y avait une lutte de pouvoir et des histoires internes. L’UNEF-ID, c’était plus concret. En 2003, je rentre au bureau national de l’UNEF, et en 2005 j’en deviens le président.

    Plus tard, en 2008, j’ai été inscrit sur la liste socialiste aux municipales dans le 13ème arrondissement de Paris aux côtés de Jérôme Coumet [actuel maire du 13ème arrondissement]. J’ai été élu au Conseil de Paris, où j’ai fait la rencontre de Bertrand Delanoë, qui m’a proposé de devenir adjoint au maire de Paris chargé de la Jeunesse. J’ai intégré en mai 2012 le cabinet de Vincent Peillon, ministre de l’Education nationale où je suis devenu conseiller, et j’occupe depuis juillet 2012 le poste d’adjoint à la Culture du maire de Paris.

    • Pourquoi avez-vous décidé de faire de la politique ?

    Tout d’abord sachez qu’il n’y a pas de formation pour faire de la politique. J’ai fait de la politique pour l’engagement, pour avoir ce sentiment d’utilité. Certes j’ai été bercé par la politique durant mon enfance car mes parents baignaient dedans [la mère de Bruno Julliard, Arlette Arnaud-Landau, a exercé le mandat de maire socialiste du Puy-en-Velay de 2001 à mars 2008, battue par Laurent Wauquiez], mais c’est de moi-même qu’est venu cet engagement.

    Encore aujourd’hui, mes parents sont plus inquiets que fiers que je sois entré en politique car ils savent ce qui se passe dans ce "monde".  J’ai remarqué que des gens n’étaient pas heureux. Ils sont insatisfaits de cette soif de pouvoir.

    • Avez-vous un mentor en politique ?

    Non  je n’en ai pas. Après il y a certaines personnes que j’ai côtoyé et que je côtoie toujours qui m’ont beaucoup appris. Benoît Hamon par exemple qui est quelqu’un de très respectable, qui a des propos intelligibles et forts. Bertrand Delanoë auquel je parle souvent lorsqu’on se voit à la mairie de Paris, Martine Aubry ou encore Vincent Peillon, dont j’ai rejoint son cabinet après l’élection de François Hollande.

    • Pour vous, c’est quoi être de gauche ?

    Être de gauche c’est s’indigner devant les injustices profondes de la société. Comment résoudre ces injustices ? Par la politique. La droite est elle attachée à des valeurs conservatrices, à des mœurs. Il faudrait qu’elle s’ouvre pour voir qu’il y a beaucoup de sujets où il y a des problèmes.

    • Quelle est votre présence numérique ?

    J’ai un compte Twitter @BrunoJulliard, ainsi qu’un profil et une page officielle sur Facebook. Elle n’est plus trop à jour depuis que je suis devenu conseiller de Vincent Peillon. Je ne me suis pas encore organisé donc personne ne s’occupe de ça. J’ai un compte privé sur Facebook qui me permet de discuter avec mes amis.

    Sur Twitter, je tweete de moi-même et je lis très souvent les comptes des médias pour être à jour sur l’actu. Et aussi des gens que je suis. Selon mon humeur, je réponds ou non aux utilisateurs qui me sollicitent. Ca m’arrive aussi de ne pas y répondre.

    • Où vous voyez-vous dans 15 ans ?

    Sûrement en dehors de la politique. Pourquoi pas devenir avocat ou magistrat, travailler dans une entreprise privée de communication ou tenir une brasserie. J’ai eu beaucoup de chance d’avoir fait des rencontres et d’avoir eu des propositions. Je n’ai pas encore eu subi d’échecs mais ça pourrait arriver. Ca ne me fait pas peur. Mais je me passerai sans problème de la politique.

Du rab sur le Lab

PlusPlus