Comment des élus du Parti de gauche et d’EELV relancent le débat sur le nucléaire après le crash de l’A320

Publié à 17h54, le 27 mars 2015 , Modifié à 20h37, le 27 mars 2015

Comment des élus du Parti de gauche et d’EELV relancent le débat sur le nucléaire après le crash de l’A320
Corinne Morel Darleux et Julien Bayou © Capture d'écran Twitter, site de la coordination anti-nucléaire du Sud-Est et AFP.

#StopNucléaire - L’Airbus A 320 aurait-il pu s’écraser sur une centrale nucléaire française ? C’est animés de ce doute, vendredi 27 mars, que plusieurs cadres du Parti de gauche et d’EELV relancent le débat sur l’énergie nucléaire en France.

Tout commence avec un tweet de la conseillère régionale du Parti de gauche Corinne Morel Darleux. L’élue du Rhône-Alpes explique, carte à l’appui, que 7 minutes avant le crash l’avion de la compagnie Germanwings survolait la base militaire nucléarisée de Toulon et le site nucléaire de Cadarache. Une observation qu’elle ponctue d’un "À méditer".

La carte en question semble tirée du site de la coordination anti-nucléaire du Sud-Est. Dans un post publié jeudi 26 mars, les militants anti-nucléaires y assurent que l’itinéraire du vol Barcelone-Dusseldorf n’est passé qu’à quelques minutes de vol de plusieurs sites nucléaires (Cadarache, Tricastin, Marcoule, etc.) et que, malgré le décollage d’un Mirage 2000, rien n’a pu empêcher le crash de l’appareil. Alarmiste, le site explique qu’"aucun site nucléaire n'est en mesure de résister à un tel événement. Il faut les mettre à l'arrêt immédiatement".

Dans la journée le tweet de Corinne Morel Darleux est retweeté par différentes associations, sympathisants et élus écologistes ou proches du Parti de gauche. Parmi ceux-ci, le vice-président de l’Assemblée nationale Denis Baupin.

Le porte-parole national d’Europe Ecologie-Les Verts Julien Bayou reprend lui aussi l’information et poste un lien vers le site de la coordination anti-nucléaire. Un tweet qu’il agrémente du hashtag #StopNucléaire.

Mais l’élue du Parti de gauche ne s’est pas attirée que des soutiens en exprimant à haute voix ses interrogations. Moins de 3 heures après son tweet, Corinne Morel Darleux s’est dite "atterrée du flot d’emporte-pièces et d'anathèmes" que provoquait  "cette information", avant de publier un texte plus long en fin d’après-midi sur sa page Facebook. Elle y déplore d’être accusée de complotisme alors qu'elle avait seulement voulu évoquer un "sujet sérieux qui mérite un vrai débat". Elle dit :

 

J'ai reçu depuis, tout au long de la journée, une rafale d'attaques sur Twitter inouïe. Mêlée d'insultes, de déformation de mes propos, d'accusations de "récupération odieuse", de complotisme et même de twitts où je suis qualifiée de "malade mentale". Je dois dire que ce déferlement de haine sans aucune réflexion me laisse sans voix.

Pour rappel, en novembre 2014, la ministre de l’Ecologie et de l’Energie Ségolène Royal avait assuré sur France Info que "le survol des centrales, même s'il est interdit, ne fait peser aucun risque sur ces centrales qui sont construites pour résister à des secousses sismiques et même aux chutes d'avion sur une centrale".

Une affirmation à moitié exacte, selon France Info, qui rappelait alors que le risque couru en cas de chute d’avions de ligne n’avait jamais été vraiment évalué. L'Autorité de sûreté nucléaire n'ayant utilisé pour ses tests  que des avions relevant de "l’aviation générale" (donc ni militaire, ni commerciale).

Lors d’une audition devant une commission d'enquête parlementaire en février 2014, le directeur général de l'IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire) affirmait ainsi qu’il ne pouvait pas garantir "sous serment" qu’"en cas de crash d’un avion de très grande capacité, chargé de dizaines de tonnes de carburant, les conséquences de l’incendie seraient maîtrisées". Ce que l’élue du parti de gauche ne s’est pas privée de rappeler.

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