Comment hacker la présidentielle

Publié à 15h08, le 18 octobre 2011 , Modifié à 18h37, le 12 juin 2014

Comment hacker la présidentielle

Quand la technologie inspire les méthodes de campagne, les dérapages ne sont jamais loin. Exemples: Hollande2012.fr pointe vers le site de l'UMP et l'équipe du candidat socialiste utilise des centaines de comptes Twitter comme des robots. Le hacktivisme entre en campagne : guide des techniques pour pirater l'élection présidentielle.

  1. Cybersquatter un nom de domaine

    Sur europe1.fr

    LA METHODE

    Enregistrer un nom de domaine correspondant à une marque ou une personne dans le but de lui revendre ou d’en abuser. Certains en sont même devenus des spécialistes, disposant parfois de milliers de noms de domaines prêts à être revendus ou utilisés comme une arme pendant les campagnes électorales.

    L'EXEMPLE

    Mardi, le nom de domaine hollande2012.fr pointait vers le site de l'UMP. Pas forcemment un coup de la droite, mais la méthode interroge et peut décrédibiliser le candidat socialiste. Responsable de la campagne numérique de François Hollande, Vincent Feltesse, s'apprête à déposer un référé, mardi "dans l’après-midi"à l’Afnic, registre Internet des noms de domaine en .fr.

    A lire aussi : 

    Vincent Feltesse, proche de François Hollande, sur le cybersquattage.

  2. Générer des robots sur Twitter

    Sur slate.fr

    LA METHODE

    Créer un site de militant, en synchronisant avec le site en question les comptes Twitter des utilisateur. Celui-ci devient un bon petit soldat qui laisse les clés de son compte au gestionnaire du site. Il est alors possible d'utiliser ledit compte, à un rythme défini par l’utilisateur, pour tweeter des messages communs de soutien. 

    L'EXEMPLE

    L'équipe web de François Hollande a  en place un système de tweets automatiques qui transforment les militants inscrits sur toushollande.fr en robots, comme le signale Slate.fr. Quand ils le souhaitent, ils peuvent faire tweeter, ou retweeter, l'ensemble des utilisateurs inscrits. 

    A lire aussi
    Les Jeunes de l'UMP et Twitter, ou les moutons 2.0, par Diego San. 

  3. Pirater des comptes Facebook et Twitter

    Sur bigbrowser.blog.lemonde.fr

    LA METHODE

    Accéder au compte de la personne à pirater, en subtilisant le mot de passe ou en y accédant de manière frauduleuse. Pour cela, les méthodes sont multiples. Le mot de passe peut, par exemple, être volé en accédant à une messagerie, ou en répondant à des questions secrètes. Une méthode par "force brute", plus rare désormais, peut aussi être utilisée sur certains sites pour trouver le mot de passe. Ensuite, il suffit d'utiliser le compte Twitter ou Facebook à ses fins. 

    L'EXEMPLE

    Nicolas Sarkozy et Barack Obama ont déjà été victimes de ce type d'attaque. Le président américain s'était fait pirater son compte Twitter par un jeune français, qui n'en avait pas abusé. 

    Du côté de l'Elysée, suite à un piratage, on pouvait lire dimanche 24 janvier 2011 sur le compte Facebook de Nicolas Sarkozy : "Chers compatriotes, compte tenu des circonstances exceptionnelles que connaît notre pays, j'ai décidé en mon âme et conscience de ne pas me représenter à l'issue de mon premier mandat en 2012". Avec un lien vers le "pot de départ" du président de la République. Quelques heures plus tard, dans un nouveau message, le chef de l'Etat rassurait ses partisans expliquant qu'il était victime d'un piratage. 

  4. Le Google Bombing

    Sur zdnet.fr

    LA METHODE

    Le Google bombing est une technique visant à influencer le classement d'une page dans les résultats de Google. Elle exploite une caractéristique de l'algorithme du moteur de recherche qui accorde de l'importance au texte du lien vers une page. Si plusieurs sites utilisent le même texte pour pointer sur la même cible, Google le considère comme important et fait remonter la page dans les résultats de cette requête. 

    L'EXEMPLE

    Plusieurs fois visé par des Google bombing, Nicolas Sarkozy s'est retrouvé en tête du moteur de recherche avec des requêtes improbables. Une fois "trou du cul du web", une autre Iznogoud, le Président a été la risée de la Toile pendant quelques heures. 

  5. Influencer Google Suggest

    Sur slate.fr

    LA METHODE

    Mobiliser un grand nombre de personnes et leur demander de taper régulièrement la même requête dans Google. Puis laisser agir l’algorithme de Google qui devrait repérer une activité exceptionnelle autour d’une nouvelle recherche et la faire remonter dans les suggestions proposées. 

    L'EXEMPLE

    Martine Aubry s'est dit victime d'une campagne de rumeurs cet été. Et sur Internet, les suggestions de Google ont participé à cela. Autour du 15 septembre, les utilisateurs du moteur de recherche ont pu constater le mot "alcool" associé à une recherche "Martine Aubry". Un bon moyen d'influencer l'opinion. 

  6. Spammer les boites mail

    Sur egoblog.net

    LA METHODE

    Pour envahir un maximum de boite aux lettres électroniques, il faut d'abord récolter les adresses. Des sociétés sont devenues spécialistes de ce genre de marché et revendent des emails par milliers. Ensuite, il suffit d'avoir un système d'envoi de courrier massif, pour toucher une grande population, non consentante. Le bon vieux courrier électronique n'a pas dit son dernier mot. 

    L'EXEMPLE

    En 2005, alors qu'il n'était que ministre, le candidat Nicolas Sarkozy a envoyé plusieurs emails massivement pour inciter à la préparation du projet pour 2007. L'équipe web de celui-ci a acheté des milliers d'adresses à Maximail, la société qui gère les données récoltées par le site voyages-sncf.com. Des méthodes à la limite de ce que permet la loi informatique et libertés

Du rab sur le Lab

PlusPlus