Darmanin, Duflot, Mélenchon : ils demandent au gouvernement de démettre Robert Ménard de ses fonctions de maire de Béziers

Publié à 09h38, le 06 mai 2015 , Modifié à 09h59, le 06 mai 2015

Darmanin, Duflot, Mélenchon : ils demandent au gouvernement de démettre Robert Ménard de ses fonctions de maire de Béziers
Gérald Darmanin, Jean-Luc Mélenchon et Cécile Duflot unis contre Robert Ménard. © Montage via AFP.

Robert Ménard, maire de Béziers élu avec le soutien du FN, doit être entendu ce mercredi 6 mai par la police sur le décompte des élèves musulmans dans sa commune, une initiative condamnée jusqu'au plus haut sommet de l'Etat - entre demande d'enquête et démonstration du "vrai visage du FN". L'édile sera ainsi auditionné par le SRPJ à Montpellier dans le cadre d'une enquête préliminaire ouverte par le procureur de Béziers pour "tenue illégale de fichiers en raison de l'origine ethnique".

En plus de l’indignation provoquée, la saillie de Robert Ménard a poussé plusieurs personnalités à demander au gouvernement, comme il en a le pouvoir, de démettre le maire de Béziers de ses fonctions. Ce mercredi, sur BFM TV, Jean-Luc Mélenchon, qui s’est dit "horrifié" par l’attitude de l’ancien patron de RSF, demande une sanction exemplaire :

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Comment en France a-t-on pu en arriver là ? On en est à ficher les enfants. Ces gens sont devenus fous. Il faut durement réprimer l’attitude de Monsieur Ménard. Je suis partisan du fait, comme la loi le permet, que le gouvernement démette Monsieur Ménard de ses fonctions.

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"Les statistiques ethniques, c’est de la fumisterie", ajoute l’ex-candidat du Front de gauche à la présidentielle.

Il est rejoint sur ce point-là par le député UMP Gérald Darmanin. Sur France Inter, le maire de Tourcoing a ainsi déclaré que Manuel Valls devrait "prendre ses responsabilités" et suspendre Robert Ménard si le fichage d'élèves était avéré à Béziers. Pour lui, soit Robert Ménard "fait des provocations puisque manifestement il dit qu'il ne fait plus ces fichiers", soit "est antirépublicain en tenant des statistiques ethniques".

La veille, le 5 mai, lors des questions au gouvernement, l’ancienne ministre écolo du Logement, Cécile Duflot, était montée au créneau pour effectuer la même demande au Premier ministre. C'est Najat Vallaud-Belkacem qui lui a répondu mais sans aborder ce point. Elle a répété simplement que Robert Ménard était "anti-républicain" et "indigne de son mandat électif", comme l’avait fait Manuel Valls quelques minutes auparavant, et que le procureur de la République avait été saisi "pour protéger les élèves".

Se défendant en attaquant Manuel Valls sur "les white, les blancos", le FN et Robert Ménard ont contre-attaqué. Florian Philippot a ainsi tenté de minimiser ces propos et défendu l'édile en affirmant que "ce n'est pas non plus un scandale".

Mardi, une enquête a été ouverte après les propos tenus la veille par Robert Ménard sur un décompte des élèves de Béziers en fonction de leur religion. Le maire a toutefois nié "tout" fichage mardi soir lors d'une conférence de presse, ajoutant qu'il réservait "ses autres réponses au juge d'instruction si on les lui demande". Il doit être entendu mercredi par le SRPJ (service régional de police judiciaire) de Montpellier.

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