Edouard Philippe dénonce les "critiques acerbes et acides" de François Hollande depuis l’étranger

Publié à 11h17, le 19 octobre 2017 , Modifié à 11h17, le 19 octobre 2017

Edouard Philippe dénonce les "critiques acerbes et acides" de François Hollande depuis l’étranger
© Captures d'écran Public sénat

Depuis quelques semaines, le climat est trééés tendu entre la Hollandie et la Macronie. Les dernières critiques de François Hollande depuis l’étranger sur la réforme de l’ISF répondant aux piques d’Emmanuel Macron à son endroit lors de son intervention sur TF1 marquent une escalade dans le désamour entre les deux  hommes.

Ces critiques de l’ancien Président, Edouard Philippe ne les accepte pas. Interrogé sur Public sénat ce 19 octobre, il s’agace :   

 

L’ancien président de la République dont j’ai observé d’ailleurs qu’il formulait des critiques acerbes et acides sur la politique française depuis l’étranger. Bah écoutez… Moi, je ne sais pas mais un certain nombre de journalistes qui m’accompagnent savent que quand je suis à l’étranger, je m’interdis tout  commentaire sur la politique nationale. Pas du tout parce que je pense qu’elle n’est pas intéressante mais parce que c’est une règle que j’ai observée chez un certain nombre de présidents de la République (…) et que manifestement monsieur Hollande n’observe pas pour lui… Et puis j’observe que si monsieur Hollande voulait être critique sur la fiscalité sur les mesures qui sont prises par ce gouvernement il aurait pu, peut-être, faire preuve d’une forme d’humilité.

Des critiques ou des commentaires sur la politique nationale depuis l'étranger, François Hollande n’est pas le seul à en faire. Emmanuel Macron s’y est livré également ( pour répondre à Hollande). Le Premier ministre semble avoir oublié ce détail. Ce qu’il n’a pas oublié, c’est la facture qu’il vient de recevoir à cause d’une mesure fiscale retoquée par le conseil Constitutionnel cette semaine. Il s’en prend alors vertement à François Hollande et à certains de ses ex-ministres et explique :     

Je vous rappelle qu’il y a quelque jours, le conseil Constitutionnel a censuré une mesure qui a  été prise en juillet 2012 par la majorité précédente, sur la commande du président de la République de l’époque, qui a un impact sur les finances publiques de l’ordre de 10 milliards. J’aimerais que ceux qui aujourd’hui, à 10000 km, alors qu’ils ne se sont pas présentés à l’élection pour défende leur bilan, commentent de façon acides et acerbes ce que nous faisons aujourd’hui pour réparer le pays, prennent une certaine forme d’humilité sur ce  qu’ils ont fait hier et sur les responsabilités qu’ils ont dans les dérèglements de l’économie française.

Ça vaut pour l’ancien président  de la République - je le dis sans aucune animosité - ça vaut aussi pour un certain nombre d’ancien responsables ministériels. Je pense à monsieur Sapin ou à monsieur Eckert qui sont toujours prompts à donner des leçons mais qui assument manifestement moins  bien la part qu’ils ont eu dans les problèmes  que nous avons.  

Le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, a dénoncé le 18 octobre "l'amateurisme juridique (qui) a conduit à faire le plus grand cadeau fiscal jamais fait aux entreprises de ce pays". Une critique que réfute Bernard Cazeneuve. Ce 19 octobre sur Europe 1,  il ironise :

 

 La censure porte non pas sur le texte du gouvernement mais sur un amendement qui a été présenté au parlement par un parlementaire. Je veux dire simplement à ceux qui se sont exprimés de cette manière-là que moi j’ai le plus grand respect pour ceux qui ont contribué  à l’élaboration de cette décision. Il y avait un homme qui n’était pas un amateur à l’Elysée qui était secrétaire général adjoint qui était en charge de toutes les questions budgétaires fiscales et économiques qui s’appelait Emmanuel Macron. Il y avait comme directeur adjoint du ministre de l’Economie et des Finances en charge de la fiscalité des entreprises un homme de grande qualité qui n’est pas du tout un amateur et pour lequel j’ai le plus grand respect qui s’appelle Alexis Kohler (aujourd’hui secrétaire général de l’Elysée NDLR). Il y avait des parlementaires qui ont voté ce texte parmi eux figurait un homme qui s’appelle Christophe Castaner. Il faut éviter ce type de propos.

 

[Bonus] Tu peux pas comprendre ... 

Virginie Calmels, ex-proche d’Alain Juppé (ralliée à Laurent Wauquiez) a attaqué mercredi 18 octobre Edouard Philippe et Gilles Boyer, leur faisant porter la responsabilité de la défaite de son ex-champion. Edouard Philippe refuse de répondre mais met en avant l’exceptionnelle confiance entre eux. Il dit : 

Je n’ai aucun commentaire à faire sur ce que dit tel ou tel. Je n’ai pas besoin d’intermédiaire dans ma relation avec Alain Juppé. Je le connais depuis longtemps, je l’aime profondément. J’ai toujours travaillé pour lui. Je ne l’ai pas fait en me disant qu’il fallait que je le fasse. Je l’ai fait parce que j’ai aimé ça,  parce que j’ai aimé travailler avec lui parce qu’il a cette intelligence, ce sens de l’Etat, cette bienveillance même (même si elle est parfois doublée d’un peu de distance), mais après tout ce n’est pas grave. 

On a toujours eu des relations d’une très grande affection. Pardon, je le dis, je peux exprimer l’immense affection que j’ai pour lui, l’immense admiration aussi que j’ai pour lui. Après, il lui appartient de dire ce qu’il pense de moi. Mais ce que je sais c’est que je n’ai jamais indiqué publiquement le contenu de nos conversations  avec Alain Juppé à la différence de ce que font parfois d’autres. Jamais. Et que cette capacité que nous avons eu à travailler ensemble dans une immense relation de confiance réciproque je peux vous le dire... C’est la plus belle chose qui me soit arrivée dans ma vie politique.

 

Alain Juppé et Edouard Philippe doivent se retrouver vendredi 20 octobre à Bordeaux. On ne sait pas si Virginie Calmels sera présente mais les relations avec elle risquent, en revanche, d’être polaires.

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