À Russia Today France, Thierry Mariani va "vérifier l’éthique de la chaîne sur la régularité de l’information"

Publié à 15h01, le 19 octobre 2017 , Modifié à 15h56, le 19 octobre 2017

À Russia Today France, Thierry Mariani va "vérifier l’éthique de la chaîne sur la régularité de l’information"
© KIRILL KUDRYAVTSEV / AFP

En janvier prochain, le paysage médiatique doit s’agrandir. Le groupe Russia Today (RT), qui dispose déjà d’un média en ligne, RT en France, prévoit de lancer une chaîne d’information dans l’hexagone. Pour l’heure, il lui est difficile d’attirer des grands noms du journalisme pour constituer sa rédaction. Mais il en est un qui n’a pas hésité à rejoindre le projet : il s’agit du très russophile Thierry Mariani, ex-secrétaire d’État et ex-député LR des Français de l’étranger (dont le territoire couvrait notamment la Russie). À son lancement, il intégrera le comité d’éthique (avec l'économiste pro-russe Jacques Sapir) de la chaîne financée par le Kremlin, lit-on au détour d’un article de Libération, mercredi 18 octobre, confirmant une information relayée notamment par BuzzFeed.

Ce porte-voix des propositions de Moscou en France, friand de voyages en Crimée, explique au Lab que sa mission, qu’il exercera à titre "bénévole", consistera à "vérifier l’éthique de la chaîne sur la régularité de l’information". Lorsque nous l’appelons, il se trouve à Moscou, et plus précisément au sein des locaux de RT. "Quel hasard !", nous fait-il remarquer. Nous n’aurions pas dit mieux.

Alors, pourquoi avoir accepté ce poste ?

J’ai accepté, déjà en 2015, parce que c’est intéressant. RT existe déjà en Grande-Bretagne, aux États-Unis, en langue espagnole. Les Russes se mettent avec beaucoup de retard à ce qu’on a déjà fait depuis longtemps. Ça montre un autre aspect de la vérité que les médias mainstream. Quand je vois, excusez-moi, le déchaînement de curiosité ou de mauvaises intentions prêtées, ça prouve bien qu’ils sont différents. Ça montre que ça interpelle.

Un concept bien mystérieux que celui de "vérité" qui aurait plusieurs "aspects", mais passons.

Thierry Mariani ne supporte pas les mauvaises intentions qu’on prêterait à ce média dont les ambitions lorsqu’on lui fait remarquer que sa patronne Xenia Fedorova ambitionne de devenir "la voix de la Russie à l’étranger". Il s’emporte :

RFI, c’est la voix de la France à l’étranger ! France 24, c’est la voix de la France à l’étranger ! Il faut arrêter avec le fantasme. Al-Jazeera est financée par le Qatar, la BBC est financée par le gouvernement britannique, etc.

"J’ai discuté avec tous les jeunes Français [de la rédaction de Moscou], ça les fait rigoler, ces accusations" de proximité avec le Kremlin, rapporte Thierry Mariani, apparemment satisfait de sa visite à RT. Pendant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait qualifié le média d’"organe d’influence et de propagande mensongère".

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