Entre une bise à Séguéla et un tweet sur Boston, Lefebvre est en campagne législative à Paris

Publié à 16h55, le 16 avril 2013 , Modifié à 17h01, le 16 avril 2013

Entre une bise à Séguéla et un tweet sur Boston, Lefebvre est en campagne législative à Paris
Frédéric Lefebvre. (Maxppp)

Il la joue comme Barack Obama, claque la bise à Jacques Séguéla et attend la visite de François Fillon et de Jean-François Copé. Loin de ses électeurs, Frédéric Lefebvre, candidat de l’UMP pour la législative partielle d’Amérique du Nord, était de passage express, mardi 16 avril, à Paris.

L’occasion pour lui d’organiser un point presse "informel" sur sa campagne, au lendemain, hasard du calendrier, des attentats qui ont frappé le marathon de Boston. Un drame pour lequel Frédéric Lefebvre, très réactif sur Twitter, a été accusé de récupération politique par plusieurs élus socialistes.

Autour d’une petite poignée de journalistes, dont French Morning, média francophone localisé aux Etats-Unis, l’ancien ministre de Nicolas Sarkozy avait élu domicile au Café Concorde, à deux pas de l’Assemblée nationale. Tout un symbole pour celui qui avait été battu en juin 2012 par la candidate du PS, Corinne Narassiguin, dont l’élection a été invalidée par le Conseil constitutionnel.

 

  1. Moi, Frédéric Lefebvre, député…

    >> L’attentat de Boston

    Officiellement, Frédéric Lefebvre a mis sa campagne entre parenthèse. Boston oblige. C’est donc par les attentats qui ont touché le marathon bostonien que le candidat UMP à la députation a débuté cette escale parisienne.

    "J’ai une pensée pour les familles", commence-t-il par déclarer, soulignant la symbolique du jour de ces attentats, à savoir le Patriots Day.

    Félicitant le consulat de France de Boston pour "son travail formidable" et saluant "les réactions officielles de la France, de François Hollande et de Manuel Valls", l’auteur de la gaffe "Zadig et Voltaire" a assuré mettre tous ses "outils de campagne"à disposition des Français des Etats-Unis.

    >> La conseillère officielle

    C’est elle qui invite autour de Frédéric Lefebvre et gère ses relations médias, à coups de textos et de mails. Pour cette campagne, Ghyslaine Pierrat, une "spin doctor", comme elle se présente, et conseillère en communication politique, coache le candidat Lefebvre. Le Lab vous propose ici une capture d’écran de la page d’accueil de son site Internet :

    >> Le conseiller officieux

    Auparavant, à son arrivée dans ce petit bistrot parisien où se croisent souvent des parlementaires, Frédéric Lefebvre claque la bise à… Jacques Séguéla, présent a priori inopinément mais présenté comme conseiller amical de l’ancien ministre.

    Interrogé sur cette présence, il se fait peu disert :

    Jacques Séguéla est un ami. Il me donne des conseils.

    J’ai la chance d’avoir des amis comme lui.

    >> Comme Obama

    Frédéric Lefebvre est bien entouré niveau spin doctors. Outre les conseils amicaux de Jacques Séguéla, il assure s’entretenir régulièrement avec John Del Cecato, "qui gérait la campagne numérique d’Obama en 2008", dit-il.

    Mais la référence au chef d’Etat américain ne s’arrête pas à ces entretiens avec un ancien membre de son équipe de campagne. Frédéric Lefebvre, concernant Boston, invoque les propos du président américain face au terrorisme. Soit, viser le consensus :

    De la même façon que Barack Obama a dit "il n’y a pas de démocrates ou de républicains", je dis qu’il n’y a pas de droite ou de gauche, on doit tous aider à trouver des solutions pour aider face à ce drame humain.

    >> "L’outil privilégié : le mail"

    En campagne à Paris alors que sa circonscription fait tout un continent, Frédéric Lefebvre mise sur les outils numériques. Et l’assume :

    L’outil privilégié ? Le mail.

    Avec une base de données de 80 000 adresses e-mail (sur une circonscription de 200 000 électeurs, précise-t-il), le candidat UMP se félicite d’avoir "15 à 19% de taux d’ouverture de mails". Et de poursuivre son autocongratulation :

    C’est la première campagne sur Twitter avec un tweet-journal de campagne.

    >> Moi, Frédéric Lefebvre, député

    Opposé au socialiste Franck Scemana ainsi qu’à, entre autres, Louis Giscard d’Estaing les 25 et 26 mai prochain, Frédéric Lefebvre refuse de se voir comme le favori du scrutin.

    Je fais campagne, non pas contre les autres, mais pour défendre mon projet. […]

    N’attendez pas de moi que je dise quoi que ce soit sur les autres candidates.

    Surtout, Frédéric Lefebvre, qui conçoit "deux volets" au rôle de député, l’un "défensif", l’autre "pro-actif", n’a eu de cesse durant cette rencontre de plaider pour une politique du consensus.

    Et de se féliciter :

    Mon parcours parle pour moi. Quand j’étais député, j’ai battu le record d’amendements adoptés à l’unanimité, droite et gauche.

    >> L’UMP

    Celui qui rappelle qu’il avait été qualifié de "pacificateur" et mettant en avant sa neutralité dans la lutte qui a opposé François Fillon à Jean-François Copé pour la présidence de l’UMP, assure que les deux ténors du parti se rendront en Amérique du Nord, aux Etats-Unis ou au Canada afin de soutenir sa campagne. Mais chut, pour le moment, rien n’est encore fixé.

    Il se gargarise également, comme pour mieux souligner cette neutralité, du "ciment social d’unité" autour de sa candidature. Comme dans l’un de ses derniers communiqués où il montre ses muscles et met en avant la multiplicité de ses soutiens (Copé, Fillon, Jacob, Juppé, Le Maire…) 

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